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Coupe du monde 2026 : la FIFA durcit deux règles avant le coup d’envoi

Coupe du monde 2026 : la FIFA durcit deux règles avant le coup d'envoi

Réuni à Vancouver lundi 27 avril, l’IFAB a validé deux modifications aux Lois du Jeu sur proposition de la FIFA. Carton rouge pour les joueurs qui se cachent la bouche lors d’une altercation, défaite par forfait pour une équipe qui quitte le terrain. Deux décisions qui s’appliqueront dès le Mondial 2026 et qui répondent directement à deux affaires récentes.

Une réaction directe à l’affaire Prestianni-Vinicius

L’IFAB ne légifère pas dans le vide. Quand l’organisme qui régit les règles du football se réunit en session extraordinaire à six semaines du coup d’envoi de la Coupe du monde, c’est qu’il y a urgence. Et cette urgence porte un nom : Gianluca Prestianni.

Pour ceux qui auraient raté l’épisode, l’Argentin de Benfica avait été accusé en début d’année par Vinicius Jr d’avoir tenu des propos racistes lors d’un Real Madrid-Benfica, en prenant soin de dissimuler sa bouche derrière sa main. Six matches de suspension prononcés par l’UEFA, sans qu’aucune preuve formelle n’ait pu être établie sur le contenu exact des paroles. Un dossier impossible à juger, impossible à oublier.

Dans le communiqué publié par la FIFA, la formulation est claire : « tout joueur se couvrant la bouche lors d’une confrontation avec un adversaire peut être sanctionné d’un carton rouge ». La sanction reste à la discrétion de l’organisateur de la compétition, ce qui laisse une marge d’appréciation, mais le message est sans équivoque.

Comment les arbitres vont-ils gérer ?

La question mérite d’être posée. Cacher sa bouche est un geste banal sur un terrain de football. Beaucoup de joueurs le font pour éviter la lecture sur les lèvres par les caméras adverses lors des phases arrêtées. La nouvelle règle ne vise pas ces situations tactiques, mais bien les confrontations directes avec un adversaire. Le contexte fera donc loi, et on peut parier que les arbitres vont devoir affiner leur jugement au fil des matches.

Quitter le terrain : défaite par forfait

La seconde décision risque de faire grincer des dents en Afrique. L’IFAB a validé qu’une équipe qui abandonne un match en cours pour protester contre une décision arbitrale soit déclarée perdante d’office. Le joueur qui sort du terrain peut écoper d’un carton rouge, et tout membre du staff qui incite ses joueurs à quitter la pelouse tombe sous le coup de la même sanction.

Difficile de ne pas y voir un écho à la finale chaotique de la CAN 2025 entre le Maroc et le Sénégal. Les Marocains avaient quitté la pelouse en seconde mi-temps après un penalty contesté, provoquant l’arrêt définitif de la rencontre. Le Tribunal arbitral du sport (TAS) doit encore statuer sur le sort sportif de cette finale, mais la FIFA a manifestement décidé de ne plus jamais avoir à gérer ce type de scénario sur ses propres compétitions.

La question qu’on se pose tous : pourquoi maintenant ? La réponse tient en trois lettres. C-D-M. Avec 48 équipes, 104 matches répartis entre les États-Unis, le Canada et le Mexique, et un contexte géopolitique déjà tendu, la FIFA n’a aucune envie qu’une décision arbitrale litigieuse provoque un incident diplomatique en mondovision.

Une portée volontairement large

Les deux nouvelles règles ne s’appliquent pas qu’à la Coupe du monde. L’IFAB précise qu’elles sont mises à disposition de toutes les compétitions, libre à chaque organisateur de les activer ou non. La Ligue 1, la Ligue des champions, la FIFA elle-même : chacun décide.

Ce flou est probablement volontaire. Imposer un carton rouge automatique pour la main devant la bouche aurait provoqué une levée de boucliers immédiate des syndicats de joueurs. Laisser la décision à l’arbitre, dans un cadre désormais légalisé, donne un outil sans créer un automatisme. C’est de la régulation pragmatique.

Reste une zone d’ombre. Comment caractériser précisément le « comportement discriminatoire » que la main devant la bouche est censée dissimuler ? Si l’arbitre ne peut prouver les propos, sur quelle base sortir le rouge ? La FIFA semble miser sur l’effet dissuasif plus que sur l’application stricte. Le simple fait de savoir qu’on s’expose à une expulsion en se cachant la bouche devrait suffire à modifier les comportements. C’est le pari, en tout cas.

Vancouver, base d’opérations avant le Mondial

La tenue de cette réunion à Vancouver n’est pas anodine. La ville canadienne accueillera plusieurs matches du Mondial à partir du 13 juin, et la FIFA y a installé une partie de ses opérations logistiques. Gianni Infantino y avait d’ailleurs essuyé un refus quelques jours plus tôt sur une demande de privilège diplomatique, ce qui n’a pas empêché l’instance d’y poser ses valises.

Les 48 équipes qualifiées recevront le détail de ces deux modifications dans les semaines à venir. L’équipe de France, qui débute son Mondial le 12 juin contre un adversaire encore à déterminer, sera concernée comme les autres. Didier Deschamps, fidèle à sa ligne, n’a pas commenté pour le moment.

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