Le président de la FIFA Gianni Infantino a défendu vendredi 17 avril la politique tarifaire de la Coupe du monde 2026, lors du sommet économique organisé par Semafor à New York. Face aux critiques sur des billets affichés jusqu’à 25 000 dollars pour la finale, le dirigeant a mis en avant la spécificité du marché nord-américain et le statut d’organisme à but non lucratif de l’instance. Le tournoi, qui s’ouvre le 12 juin prochain, reste la seule véritable source de revenus de la fédération internationale.
Une défense fondée sur le statut juridique de la FIFA
Sur scène, Infantino a martelé un argument qu’il répète depuis des mois : la FIFA n’est pas une entreprise cotée, mais une organisation à but non lucratif regroupant 211 nations membres. Le Suisse a rappelé que l’intégralité des revenus générés par la compétition est ensuite réinjectée dans le développement du football mondial, via des subventions versées aux fédérations nationales. Selon lui, les trois quarts des pays membres ne pourraient pas organiser d’activités footballistiques sans cet apport financier.
Le calendrier économique de l’institution reste particulier. La Coupe du monde dure un mois tous les quatre ans, et c’est durant cette fenêtre que la FIFA encaisse l’essentiel de sa trésorerie. Les 47 mois suivants sont consacrés à dépenser cet argent, a résumé le dirigeant. Un modèle qui explique, selon lui, la recherche permanente d’un équilibre tarifaire.
Des prix qui s’envolent sur le marché secondaire
Les chiffres observés vendredi sur la plateforme de revente StubHub donnent le vertige. Pour le match d’ouverture des États-Unis contre le Paraguay le 12 juin à Los Angeles, le billet le moins cher disponible était proposé à 1 359 dollars, soit environ 1 250 euros au cours actuel. Les sièges situés en tribune basse du stade californien grimpaient jusqu’à 14 000 dollars, autour de 12 900 euros.
La finale du 19 juillet, programmée dans la région new-yorkaise, atteint des sommets encore plus vertigineux. Un siège en tribune haute se négociait à 8 860 dollars, quand les meilleures places du bas atteignaient 25 000 dollars. Converti en monnaie européenne, cela représente environ 23 000 euros pour une seule place. Pour un supporter français qui voudrait suivre l’équipe de France jusqu’au bout, l’addition dépasse largement le budget d’une voiture neuve.
L’option à 60 dollars, un pansement plus qu’une solution
Face au tollé provoqué par la première vague de mise en vente, la FIFA a introduit une catégorie à 60 dollars, soit environ 55 euros. Infantino n’a pas caché vendredi qu’il ne s’agissait que d’une portion limitée de chaque enceinte. Les familles et les amateurs qui espéraient vivre la compétition à domicile découvrent rapidement que ces billets abordables se comptent en quelques centaines par match, sur des stades dont la capacité dépasse souvent les 70 000 places.
Le pari assumé du marché nord-américain
Installé depuis deux à trois ans aux États-Unis pour mieux comprendre les codes locaux, Infantino assume l’orientation donnée à cette édition. Il qualifie l’Amérique du Nord de marché très particulier, où la tarification dynamique et les prix élevés pour les événements majeurs sont culturellement admis. Un Super Bowl, une finale NBA ou un combat de boxe à Las Vegas se vendent régulièrement à des tarifs similaires, parfois supérieurs.
La logique est limpide pour la FIFA : aligner le prix du Mondial sur celui des franchises sportives américaines permet de maximiser les recettes pendant la seule fenêtre commerciale disponible. Le pari comporte un risque. Les supporters mexicains et centraméricains, habitués à suivre la Coupe du monde en famille, sont de fait écartés des stades. Même constat pour de nombreux fans européens.
Un tournoi hors norme sur le plan sportif
Au-delà de la polémique financière, l’édition 2026 marquera un tournant dans le format. Un total de 48 sélections participeront à la phase finale, réparties en 12 groupes de quatre équipes. Le nombre total de matchs grimpe à 104, contre 64 lors du précédent Mondial au Qatar. Les rencontres seront disputées entre les États-Unis, le Canada et le Mexique, une première dans l’histoire de la compétition organisée par trois pays hôtes.
Pour les téléspectateurs français, le décalage horaire imposera des soirées tardives. Les matchs programmés sur la côte Est débuteront pour la plupart vers 21 heures ou minuit, heure de Paris, selon les horaires de coup d’envoi. Ceux de la côte Ouest seront encore plus difficiles à suivre en direct. La finale du 19 juillet se tiendra dans la nuit de dimanche à lundi pour l’Europe.
Le coup d’envoi du tournoi sera donné dans moins de deux mois. Les premières réactions des fédérations qualifiées confirment que la question des billets mobilisera l’attention jusqu’au dernier moment, d’autant qu’une deuxième phase de mise en vente est attendue dans les semaines à venir.

