Le défenseur du Real Madrid devrait passer sur le billard cette semaine, selon le quotidien madrilène AS. Quatre mois d’arrêt en perspective, et un Mondial qui démarre le 11 juin. Pour Carlo Ancelotti, c’est la troisième mauvaise nouvelle de l’année à un poste pourtant déjà fragilisé. La Seleção arrivera-t-elle aux États-Unis avec sa charnière de prédilection ?
Une rechute, et un bistouri au bout
L’histoire commence mardi soir, à Mendizorrotza. Eder Militao quitte le terrain pendant la victoire du Real Madrid contre Alavés (2-1). Lésion musculaire au biceps fémoral gauche. Le défenseur central, 28 ans, venait pourtant tout juste de retrouver les pelouses début avril après une longue absence.
D’après le quotidien AS, l’opération est désormais inévitable. Quatre mois d’indisponibilité. Le calcul est cruel : le coup d’envoi de la Coupe du monde 2026 est fixé au 11 juin à Mexico, sept semaines plus tard. Aucune marge.
Un genou, une cuisse, un fémoral
Carlo Ancelotti connaît bien le dossier. Le sélectionneur italien, qui a découvert Militao au Real avant de prendre la Seleção, voit s’éloigner l’un des derniers cadres de sa défense. Le Brésil avait construit son axe central autour de lui depuis le départ de Thiago Silva. Marquinhos, son partenaire historique en sélection, va devoir composer sans son compère.
Le timing est mauvais à plusieurs niveaux. Militao revenait à peine d’une absence prolongée. Les staffs médicaux le savent : une rechute musculaire après un long retour, c’est presque toujours le signal d’une récupération mal calibrée.
Ancelotti compte ses absents
Avant Militao, il y a eu Rodrygo. Le Madrilène s’est rompu le ligament croisé antérieur du genou droit en mars dernier. Saison terminée, Mondial terminé. À 25 ans, l’ailier gauche faisait partie des cadres offensifs de la sélection.
Et puis il y a Estevao. Le jeune attaquant de Chelsea, 19 ans à peine, est lui aussi sur la touche. Calum McFarlane, qui occupe le banc des Blues depuis le départ de Liam Rosenior, l’a confirmé vendredi en conférence de presse : son joueur ne disputera pas la fin de la Premier League. « Franchement, je ne suis pas sûr », a-t-il répondu lorsqu’on l’a interrogé sur une présence au Mondial. « Je sais juste qu’il ne sera pas disponible pour nous. » Une formule qui en dit long sur le flou autour du dossier.
Bruno Guimaraes, la course contre la montre
Le cas du milieu de Newcastle complète le tableau. Bruno Guimaraes a été absent deux mois pour une blessure à la cuisse. Il a rejoué 28 minutes la semaine passée contre Bournemouth. Vingt-huit minutes en deux mois, à six semaines d’un Mondial. L’ancien joueur de l’Olympique lyonnais est pourtant un titulaire indiscutable de l’entrejeu d’Ancelotti, le genre de profil que personne ne sait remplacer dans une sélection.
Pour les supporters français, qui ont retrouvé le Brésil en mars dernier à l’occasion d’un amical remporté 2-1, l’image de cette Seleção fragilisée tranche avec le souvenir laissé alors. Ce soir-là, à Saint-Denis, Vinicius et Raphinha donnaient encore le tournis aux Bleus.
Quel onze de départ pour le Brésil ?
Posons la question simplement : si le Mondial démarrait demain matin, qui serait sur la pelouse ? Marquinhos en patron, c’est acquis. À ses côtés, Gabriel Magalhães (Arsenal) ou Beraldo (PSG) prennent du galon. Devant, Vinicius et Raphinha tiennent les ailes, mais les solutions de rechange se raréfient. Endrick, blessé une partie de la saison à Madrid, fait office de doublure de Richarlison.
Le sélectionneur va devoir trancher entre la fidélité à un groupe et l’urgence de retrouver de la profondeur. Six semaines pour reconstruire. Le calendrier brésilien prévoit deux matches amicaux fin mai contre des adversaires africains, encore non confirmés par la Confédération brésilienne de football.
Le Brésil débutera son tournoi face à un adversaire qui sera connu après le tirage final, dans le groupe que la FIFA lui a réservé après son statut de tête de série. Ce qui est certain, c’est que Carlo Ancelotti aura passé plus de temps à l’infirmerie qu’aux entraînements collectifs avant de poser ses valises aux États-Unis.

