Le milieu de Manchester United Casemiro a pris la parole pour défendre l’inclusion de Neymar dans la liste brésilienne pour la Coupe du monde 2026. Selon lui, l’attaquant de Santos accepterait sans broncher un rôle de remplaçant sous les ordres de Carlo Ancelotti. La liste définitive de la Seleção tombe le 18 mai, soit moins de quatre semaines avant le coup d’envoi du tournoi le 11 juin aux États-Unis, au Mexique et au Canada.
Un plaidoyer venu du vestiaire
Casemiro connaît Neymar depuis ses 12 ans. C’est le détail qu’il a tenu à rappeler en s’exprimant au micro d’ESPN. Le milieu mancunien n’a pas l’habitude de prendre position publiquement sur les choix du sélectionneur, mais le débat autour de son ami d’enfance dure depuis si longtemps qu’il a fini par lâcher du lest.
Sa thèse tient en une phrase : Neymar n’a rien à prouver, et il acceptera n’importe quel rôle pour disputer un Mondial. « Neymar n’a jamais eu ce problème. Il a même l’âge et l’expérience pour être l’un des capitaines de la sélection », a déclaré Casemiro. Le numéro 18 brésilien insiste sur la nature du joueur. Quelqu’un qui veut le ballon, qui veut s’amuser sur le terrain, qui ne s’embarrasse pas du statut de star.
L’ancien Madrilène va plus loin. Si Ancelotti propose un rôle de joker à Neymar, le joueur de Santos dira oui. Quelques minutes ici, une titularisation ponctuelle là, peu importe.
Une absence longue de presque trois ans
Petit rappel pour situer le débat. Neymar n’a plus porté le maillot brésilien depuis octobre 2023. Une rupture des ligaments croisés du genou gauche face à l’Uruguay, une rééducation qui s’est éternisée, puis des petites blessures à répétition depuis son retour au Santos FC. Pas de saison pleine depuis 2022.
À 34 ans, son corps n’envoie plus les mêmes signaux qu’à l’époque du PSG. Sa réintégration sportive passe par des matches de Brasileirão et quelques apparitions en Copa Sudamericana avec Santos. Du temps de jeu, oui. De la régularité, beaucoup moins.
Cette réalité physique est au cœur du dilemme d’Ancelotti. Le sélectionneur italien, arrivé en mai 2025, doit composer avec une attaque brésilienne déjà fournie : Vinícius Júnior, Rodrygo, Raphinha, Endrick. La place du quinzième ou seizième nom sur la feuille se discute pied à pied.
Pourquoi Casemiro fait confiance à Ancelotti
Le Brésilien de Manchester United est catégorique sur un point. Il n’existe pas, selon lui, de meilleur entraîneur au monde pour gérer une situation comme celle de Neymar. L’argument se défend : Ancelotti a managé Cristiano Ronaldo, Zinédine Zidane, Andrea Pirlo, David Beckham. Des egos, il en a manipulé sa carrière entière.
« Tu auras une conversation avec lui, tu lui diras : tu ne joueras pas autant de matches, mais sur tel match précis, tu seras décisif sur 20 ou 30 minutes », explique Casemiro en imaginant le scénario. La logique ressemble à celle d’un joker de luxe, taillée pour les phases finales d’un Mondial où les cinq remplacements autorisés depuis l’amendement validé par la FIFA peuvent changer la dynamique d’une rencontre.
Ce que cela change pour le public français
Pour les supporters tricolores, le sujet dépasse l’anecdote. Si Neymar fait la liste, le Brésil reste un adversaire potentiel des Bleus à partir des huitièmes de finale, voire avant en cas de configuration favorable de tableau. Sa présence, même limitée à 20 minutes par match, modifie la lecture tactique d’une équipe qui s’appuie déjà sur un trio offensif madrilène très en forme.
Le calendrier brésilien commence le 16 juin contre un adversaire issu des barrages. Les matches de la Seleção se joueront pour partie en fin de soirée européenne, avec des coups d’envoi autour de minuit ou 3 heures du matin en France selon les fuseaux. Les noctambules devront prévoir le café.
Le verdict appartient à Ancelotti
Casemiro a fini par admettre l’évidence. La décision ne dépend ni de lui, ni de Neymar, ni de l’opinion publique brésilienne. Elle appartient à Ancelotti, et à lui seul. « S’il est physiquement bien, alors il n’y a pas de discussion. Il doit y aller », a tranché le milieu.
Reste donc une question. Le genou tient-il ? Les prochaines journées de Brasileirão et la séance de présélection mi-mai apporteront des éléments de réponse. Le 18 mai, le verdict tombera. D’ici là, le débat continuera, comme il continue depuis trois ans.

