Depuis le début de la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran le 28 février dernier, les relations entre la Fédération iranienne et la FIFA étaient au point mort. Une première réunion en face à face à Antalya, en Turquie, a changé la donne cette semaine. L’Iran devrait bien disputer ses matchs de groupe aux États-Unis en juin.
Une semaine pour dissiper deux mois de doutes
Pendant tout le mois de mars, les signaux envoyés par Téhéran étaient contradictoires. Des responsables gouvernementaux iraniens avaient tour à tour affirmé que l’équipe nationale ne pourrait pas se rendre aux États-Unis, demandé à la FIFA de déplacer les matchs vers le Mexique coorganisateur, ou laissé entendre que la participation au Mondial était impossible. La FIFA, elle, n’a jamais varié : Iran joue aux États-Unis, le calendrier ne change pas.
La rencontre entre Gianni Infantino et les dirigeants de la fédération iranienne — Mehdi Mohammed Nabi et Omid Jamali — s’est tenue mardi à Antalya, en marge de matchs amicaux de préparation. C’est la première fois depuis le 28 février que les deux parties se retrouvent physiquement. Dans la foulée, Infantino a pris la parole devant les joueurs et le sélectionneur Amir Ghalenoei, puis a publié un message sur Instagram promettant à l’équipe « les meilleures conditions possibles » pour préparer la compétition.
Le communiqué de la fédération iranienne, confirmé par la FIFA, cite Infantino directement : « Je suis à votre service, et si vous avez besoin d’aide, je la fournirai. » L’organisation d’un stage de préparation en Turquie dans les prochaines semaines est à l’étude.
Le Mexique hors jeu, l’Arizona sur les rails
L’idée de transférer les matchs de l’Iran au Mexique n’a jamais avancé concrètement, malgré les déclarations de la présidente mexicaine Claudia Sheinbaum, qui avait semblé y être favorable sans aller jusqu’à l’exiger. Infantino a répondu publiquement à la chaîne mexicaine N+Univision en fin de semaine dernière qu’il n’y avait « pas de plan B » pour l’Iran — seulement le plan A.
Les raisons sont pratiques autant que politiques. La FIFA a vendu environ 200 000 billets pour les trois matchs iraniens aux États-Unis. Déplacer ces rencontres au Mexique exposerait l’organisation à des compensations massives envers les supporters, diffuseurs et sponsors qui ont réservé vols et hôtels en fonction du calendrier officiel.
L’Iran a choisi Tucson, en Arizona, comme camp de base. Le Kino Sports Complex poursuit ses travaux de préparation. Sa directrice Sarah Hanna a confirmé cette semaine que les équipes locales et fédérales de sécurité finalisaient leurs dispositifs. La délégation iranienne doit arriver au plus tard le 10 juin, cinq jours avant le premier match.
Le premier match : Iran-Nouvelle-Zélande à Los Angeles
L’Iran est dans le groupe G avec la Belgique (tête de série), la Nouvelle-Zélande et l’Égypte. Programme : le 15 juin face à la Nouvelle-Zélande au SoFi Stadium d’Inglewood, le 21 juin contre la Belgique dans le même stade, et le 26 juin contre l’Égypte à Seattle. La Confédération asiatique de football avait qualifié l’Iran en mars 2025 parmi les meilleures équipes du continent.
Plusieurs membres de la délégation iranienne, dont le président de la fédération Mehdi Taj, se sont vu refuser des visas américains lors du tirage au sort en décembre. Ce blocage reste le principal obstacle pratique non résolu.
Des joueurs sous pression, Azmoun absent
En Turquie, l’Iran a disputé deux matchs sans spectateurs : une défaite 2-1 face au Nigeria et une victoire 5-0 contre le Costa Rica. Pour la plupart des joueurs, c’était la première compétition depuis l’arrêt de la Persian Gulf Pro League au début de la guerre. Pendant les hymnes nationaux, les joueurs ont brandi des sacs à dos d’enfants et des photos de victimes des bombardements.
L’attaquant Sardar Azmoun n’était pas dans le groupe. Selon les informations disponibles, les autorités iraniennes auraient demandé son éviction après qu’une photo le montrant avec des responsables politiques des Émirats arabes unis a circulé sur les réseaux sociaux. Azmoun réside à Dubaï.
Donald Trump a successivement déclaré qu’il « ne se souciait pas vraiment » de la venue de l’Iran, que les joueurs n’étaient « pas en sécurité », puis qu’ils seraient « traités comme des stars ». La position américaine officielle reste à géométrie variable. Infantino est pour l’instant le seul dirigeant du football mondial à parler clairement : l’Iran joue aux États-Unis, et le reste est secondaire.
