Avec 48 équipes qualifiées, le Mondial 2026 proposera 96 maillots différents sur les pelouses américaines, mexicaines et canadiennes. Certaines fédérations ont choisi la sobriété, d’autres ont décidé de tout risquer sur le plan esthétique. Le résultat donne parfois des merveilles, parfois des désastres. Voici ce qu’il faut retenir avant le coup d’envoi du 11 juin.
Le Canada, hôte le moins bien habillé
Organiser une Coupe du monde et présenter les maillots les plus décevants du tournoi : l’exploit est canadien. La tunique extérieure, en particulier, ressemble à un t-shirt éclaboussé de peinture mal séchée. Difficile de faire pire quand on reçoit le monde chez soi. La version domicile est à peine plus acceptable avec sa silhouette de feuille d’érable découpée en quatre quartiers — sobre, trop sobre. Les co-hôtes américains et mexicains, eux, ont fait des choix très différents.
Les États-Unis ont opté pour un retour en 1994. Les bandes horizontales rouge et blanc du maillot domicile rappellent cette époque, avec un effet de vague censé imiter le frisson du drapeau américain. Le maillot extérieur, parsemé d’étoiles sur fond sombre, est plus discret et franchement plus élégant.
Mexico et l’Aztèque revisitée
Le Mexique a puisé dans ses archives pour son maillot domicile. La base est celle portée en 1998 en France, avec ce design aztèque élaboré qui avait marqué les esprits. La version 2026 intègre une empreinte de la Piedra del Sol dans le tissu. Le résultat ne retrouve pas l’intensité de l’original, mais reste l’un des maillots les plus travaillés du tournoi. Le modèle extérieur, blanc avec des références aux azoteas (escaliers extérieurs de l’architecture mexicaine traditionnelle), est plus sobre mais réussi.
Les Bleus, sans fausse note
La France ne prend pas de risques, et ça marche. Le maillot domicile bleu nuit est en réalité composé de plusieurs nuances complémentaires tissées en diagonale — l’effet n’est visible que de près, mais il donne une profondeur inattendue au textile. Le col blanc rabattu et les logos en bronze texturé complètent l’ensemble sans en faire trop. La Fédération française de football peut être satisfaite du rendu.
Le maillot extérieur est encore plus réussi. Sa teinte vert-de-gris est inspirée du cuivre oxydé de la Statue de la Liberté, offerte par la France aux États-Unis en 1886. Les logos en cuivre métallisé et les bandes tricolores sur les poignets sont précisément les détails qui séparent un bon maillot d’un très bon maillot. La France jouera probablement en blanc ce soir-là, mais on espère voir ce modèle sur le terrain.
Le Japon et l’Uruguay s’envolent
Deux équipes ont produit des maillots qui circulent massivement sur les réseaux depuis leur sortie. Le Japon d’abord, avec son extérieur blanc cassé zébré de 12 rayures arc-en-ciel — 11 pour les joueurs sur le terrain, la 12e rouge au centre pour l’ensemble du football japonais. La référence aux maillots de baseball rétro est assumée et le résultat séduit. En rupture de stock dès sa mise en vente, selon la JFA.
L’Uruguay arrive en tête du classement avec son maillot extérieur indigo. Adidas a conçu une pièce en hommage à l’équipe de 1930, première championne du monde dans l’histoire. Le col chatoyant bleu et orange évoque une armure indigène ancienne. C’est littéralement fantaisiste, probablement trop pour certains, mais l’ambition est là et elle est tenue.
Ce que font Nike, Adidas et Puma
Nike, Adidas et Puma habillent la grande majorité des 48 sélections. La FIFA n’impose aucun équipementier officiel pour les nations, chaque fédération négocie ses propres contrats. Curaçao, à sa première Coupe du monde, porte de l’Adidas — son maillot extérieur jaune citron inspiré des façades colorées de Willemstad mérite le détour. La Belgique garde son thème de flammes rouge, noir et jaune pour le cinquième tournoi consécutif environ. L’Allemagne, en dernière année avec Adidas avant de passer chez Nike en 2027, reçoit un maillot domicile qui revisite les losanges des années 1988-1994 sans vraiment les égaler.
Neuf nations n’ont pas encore dévoilé leurs tenues complètes : Bosnie-Herzégovine, Cap-Vert, Irak, Iran, Jordanie, Panama, Tunisie, Ouzbékistan et Curaçao pour le domicile. Le classement complet publié par ESPN sera mis à jour au fur et à mesure des annonces.
D’ici là, une certitude : avec 96 maillots en jeu, quelqu’un finira champion du monde dans un textile qui vaut le coup d’œil.
