en

L’Italie finalement à la Coupe du monde 2026 : une qualification encore possible malgré l’élimination face à la Bosnie

L'Italie finalement à la Coupe du monde 2026 : une qualification encore possible malgré l'élimination face à la Bosnie

L’Italie a perdu aux tirs au but face à la Bosnie-Herzégovine mardi à Zenica, manquant une troisième Coupe du monde consécutive. Pio Esposito et Bryan Cristante ont raté leur penalty, tandis que les Bosniens ont inscrit les quatre leurs. Gennaro Gattuso avait promis de quitter la sélection en cas d’échec. Sauf que la situation géopolitique autour de l’Iran ouvre une porte — très étroite — pour les Azzurri.

Trois Coupes du monde d’affilée sans l’Italie

La dernière victoire de l’Italie dans un match à élimination directe de Coupe du monde remonte à 2006, année où elle avait soulevé le trophée. Depuis, deux absences consécutives. Et maintenant une troisième. C’est un constat brutal pour une nation qui compte quatre titres mondiaux.

Gattuso n’avait pas mâché ses mots l’an dernier : si l’Italie ratait le Mondial 2026 sous sa direction, il partirait. La défaite de Zenica le place donc dans une position délicate. Mais un scénario improbable, né à des milliers de kilomètres de l’Italie, pourrait encore lui laisser une chance.

Iran : une participation sous haute tension

L’Iran s’est qualifié pour la Coupe du monde 2026, mais le pays est au cœur d’un conflit armé depuis que le guide suprême Ali Khamenei a été tué dans une frappe américano-israélienne. Le ministre iranien des sports a déclaré que son pays ne participerait « en aucune circonstance » au tournoi. Gianni Infantino a pourtant confirmé mardi que l’Iran jouerait bien ses matchs aux États-Unis comme prévu, malgré la situation.

Les frappes de représailles iraniennes sur des bases militaires américaines et israéliennes ont provoqué des fermetures massives d’espaces aériens dans la région. L’Irak lui-même a failli ne pas pouvoir rallier le Mexique pour son match de barrage intercontinental, qu’il a finalement remporté 2-1 face à la Bolivie mardi.

Pour l’instant, Iran et Irak figurent tous les deux au tableau des qualifiés. Mais si l’Iran se retire, l’article 6.2 du règlement FIFA prévoit qu’une équipe alternative serait désignée — en général le deuxième du barrage de qualification ou l’équipe la mieux classée non qualifiée de la même confédération.

L’UAE d’abord, l’Italie en théorie

Dans la logique confédérale, c’est les Émirats arabes unis qui hériteraient de la place iranienne. Les UAE ont perdu face à l’Irak en barrage asiatique. Ils sont les premiers sur la liste.

Sauf que le règlement FIFA laisse à l’instance « la seule discrétion » pour désigner l’équipe remplaçante. C’est là qu’entre en scène René Meulensteen, entraîneur adjoint de l’Irak, qui a évoqué cette possibilité avant le barrage intercontinental : « Il y a des rumeurs selon lesquelles FIFA pourrait désigner l’équipe la mieux classée au monde parmi les non-qualifiés pour remplacer l’Iran — et cette équipe, c’est l’Italie. »

L’Italie est effectivement la nation la mieux classée au classement FIFA parmi les équipes qui n’ont pas décroché leur billet. Ce scénario reste théorique : FIFA n’a donné aucun signal en ce sens, et les associations d’autres continents s’opposeraient presque certainement à voir un pays européen supplémentaire prendre la place d’une équipe asiatique.

Ce que dit vraiment le règlement

L’article 6.2 mentionne « le deuxième du barrage de qualification ou l’équipe la mieux classée non qualifiée de la confédération concernée ». La formulation « confédération concernée » désigne l’AFC, donc la zone asiatique. Les UAE, pas l’Italie.

FIFA peut cependant déroger à cette règle à sa seule discrétion. Ce n’est pas sans précédent — l’instance a déjà modifié des compositions de groupes et des qualifications dans des circonstances exceptionnelles. Mais remplacer une équipe asiatique par une équipe européenne serait une décision politiquement explosive.

Pour que l’Italie se retrouve effectivement au Mondial 2026, il faudrait : que l’Iran confirme officiellement son retrait, que FIFA écarte les UAE au profit d’une logique de classement global, et que personne ne conteste juridiquement la décision. Trois conditions dont aucune n’est réunie à ce stade.

Gattuso attendra donc. Comme des millions de tifosi qui regardaient avec incrédulité les penalties manqués à Zenica. La scénario iranien ne sauvera probablement pas l’Italie — mais il suffit à maintenir une conversation qui, normalement, serait déjà terminée.