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Mondial 2026 : la sécurité au Mexique inquiète, mais les matches restent maintenus

Mondial 2026 : la sécurité au Mexique inquiète, mais les matches restent maintenus

À quelques mois du coup d’envoi, la question de la sécurité au Mexique s’impose dans les discussions autour de la Coupe du monde 2026. Des épisodes de violence récents ont poussé plusieurs gouvernements à actualiser leurs recommandations de voyage. La FIFA, elle, n’a pris aucune décision officielle de retrait de sièges. Mais la pression monte.

Trois stades mexicains, un contexte tendu

Le Mexique accueille des rencontres de la Coupe du monde 2026 dans trois enceintes : l’Estadio Azteca à Mexico, l’Estadio Akron à Guadalajara et le Estadio BBVA à Monterrey. Ces sites ont une histoire footballistique réelle — l’Azteca a accueilli deux finales de Coupe du monde — et leur inclusion dans le tournoi n’est pas anodine.

Ce qui l’est moins, c’est le contexte sécuritaire. Ces dernières semaines, des vagues de violences et des blocages dans certaines régions ont généré des alertas de voyage de la part de gouvernements étrangers. Ces mises en garde ne visent pas directement le Mondial, mais elles arrivent au pire moment : quand les fans commencent à planifier leurs déplacements.

Ce que dit la FIFA — et ce qu’elle peut faire

Les règlements de la Coupe du monde FIFA 2026 sont clairs sur ce point : l’organisation se réserve le droit d’annuler, reprogrammer ou délocaliser des matches — y compris l’intégralité du tournoi — pour tout motif relevant de la sécurité ou de la force majeure. C’est écrit noir sur blanc dans les contrats de siège.

Pour autant, aucune annonce en ce sens n’a été faite. La FIFA affirme travailler en coordination avec les autorités locales et fédérales mexicaines. Retirer une ville hôte reste une procédure extrêmement complexe : contrats, investissements d’infrastructure, logistique… ce n’est pas une décision que l’on prend en quelques semaines.

Des experts en organisation d’événements sportifs internationaux le confirment : c’est une option de dernier recours, pas un outil de pression habituel.

Sheinbaum : « Jalisco offre toutes les garanties »

Face aux interrogations sur Guadalajara, la présidente mexicaine Claudia Sheinbaum a répondu directement. Elle assure qu’il n’y a « aucun risque » pour la participation de la ville et que son gouvernement a mis en place « toutes les garanties » nécessaires pour accueillir les visiteurs dans de bonnes conditions.

Ce type de déclaration rassure en surface, mais la vraie question est ailleurs : comment la perception internationale évolue-t-elle ? Un supporter belge ou japonais qui lit des manchettes sur la violence au Mexique va-t-il réserver un billet pour Monterrey aussi facilement qu’il l’aurait fait pour un tournoi en Europe ?

La réponse, honnêtement, n’est pas évidente.

Le vrai défi : l’image, pas seulement les chiffres

Le Mondial 2026 est historique à plus d’un titre. 48 équipes, trois pays hôtes, des millions de supporters attendus — c’est le tournoi le plus ambitieux jamais organisé. Cette ampleur rend la gestion de l’image encore plus critique que d’habitude.

Les indices de criminalité sont une chose. La couverture médiatique internationale en est une autre. Un incident isolé filmé et diffusé massivement peut avoir plus d’impact sur la fréquentation touristique que dix statistiques officielles rassurantes. C’est le paradoxe de l’époque : la perception façonne la réalité autant que la réalité elle-même.

Les autorités mexicaines ont annoncé un dispositif de sécurité renforcé pour les trois villes hôtes à mesure que le tournoi approche. Guadalajara, Monterrey et Mexico sont décrites comme des « priorités nationales ». Le terme est fort. Il faut maintenant que les actes suivent.

Où en est-on vraiment ?

Aucun match n’a été déplacé. Aucune procédure de retrait de siège n’est engagée. La Fédération mexicaine de football continue de préparer le tournoi normalement, et les billets pour les rencontres au Mexique sont toujours disponibles à la vente.

Ce qui a changé, c’est le niveau d’attention portée à la situation sécuritaire. Des médias internationaux qui n’auraient pas forcément couvert un fait divers mexicain il y a six mois le font désormais, parce que le prisme Mondial amplifie tout.

Le Mexique a jusqu’à juin 2026 pour démontrer qu’il peut organiser un tournoi de cette envergure en toute sécurité. Ce n’est pas gagné d’avance, mais ce n’est pas non plus une cause perdue. La fenêtre reste ouverte — à condition que la situation ne se détériore pas davantage dans les semaines à venir.
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