La situation sociale turbulente aux États-Unis affecte désormais directement la Coupe du monde 2026. Mohamad Safa, diplomate libanais et directeur exécutif d’une ONG consultante de l’ONU, a annulé ses billets pour le Mondial par crainte d’être pris pour cible par les agents de l’ICE en raison de ses origines. Cette décision fait suite à l’assassinat de Renee Good par un agent de l’ICE lors d’une opération migratoire à Minneapolis. Des appels au boycott se multiplient face à la militarisation de la sécurité publique et aux violations présumées des droits humains sous l’administration Trump.
Le meurtre de Minneapolis qui déclenche la controverse
L’atmosphère s’est dégradée après l’assassinat de Renee Good par un agent de l’ICE durant une opération migratoire à Minneapolis. Les réactions se sont multipliées après ce nouvel épisode violent dans le pays qui accueillera l’un des plus grands événements sportifs planétaires.
Mohamad Safa, diplomate libanais et directeur exécutif de PVA Patriotic Vision, ONG accréditée comme consultante ONU, a publié un message explosif sur X. Il a révélé avoir annulé ses billets pour le Mondial 2026, craignant que l’ICE ne le considère comme « dangereux » en raison de ses origines.
« L’ICE peut décider que je suis membre d’un gang et m’enfermer pendant un an sans inculpation, sans audience, sans procès, sans droit à un avocat et sans pouvoir passer d’appel téléphonique. Il n’est pas sûr de visiter les États-Unis », a écrit Safa. Cette déclaration fait référence à la croisade anti-immigrés de l’administration Trump et aux accusations de violations des droits humains.
I cancelled my World Cup tickets.
The ICE may decide that I am a gang member, and I'll be locked in prison for a year with no charges, no hearing, no trial, no right to consult a lawyer, no phone call.
The US is not safe to visit.
— Mohamad Safa (@mhdksafa) January 8, 2026
Un mouvement de boycott qui prend de l’ampleur
La voix de Safa n’est pas isolée. Ajamu Baraka, activiste et ancien candidat vice-présidentiel pour le Parti vert, a appelé au boycott du tournoi débutant le 11 juin. Human Rights Watch et Amnesty International ont questionné la militarisation de la sécurité publique et les détentions d’immigrants sans base légale.
Depuis plusieurs mois, le site « Boycott the 2026 FIFA World Cup » compile les actions du gouvernement Trump contrastant avec l’esprit conciliateur de la compétition. L’administration républicaine a nié à plusieurs reprises ces accusations.
Les implications pour le Mondial et la FIFA
Cette controverse place la FIFA dans une position délicate. Comment maintenir la rhétorique d’événement universel lorsque des diplomates internationaux, des ONG de droits humains et des activistes appellent au boycott ?
La décision de Safa revêt une importance particulière car elle émane d’un représentant ONU. Ce n’est pas un simple supporter, mais un acteur institutionnel international exprimant une crainte légitime. Son statut rend sa prise de position embarrassante pour les organisateurs.
Si un diplomate libanais ne se sent pas en sécurité, combien d’autres personnes d’origine moyen-orientale, africaine ou latino-américaine partageront cette inquiétude ? Le risque existe que des milliers de supporters reconsidèrent leur voyage par crainte de détention arbitraire.
Le silence assourdissant de la FIFA
Face à cette situation explosive, la FIFA demeure silencieuse. Gianni Infantino n’a émis aucun commentaire sur les appels au boycott ni sur les préoccupations sécuritaires.
Ce silence révèle la paralysie d’une organisation coincée entre ses intérêts financiers liés au marché américain et sa responsabilité morale face aux violations présumées des droits fondamentaux.
Un Mondial sous haute tension
Le Mondial 2026 s’annonce sous haute tension politique et sociale. L’assassinat de Renee Good, les détentions massives, les menaces contre le Mexique et le Canada, l’intervention au Venezuela : tous ces éléments créent un contexte géopolitique sans précédent.
L’appel de Safa représente peut-être le début d’un mouvement plus large. Ou restera-t-il isolé. Mais une chose est certaine : le Mondial 2026 ne sera pas simplement une compétition sportive. Ce sera un test pour déterminer si la communauté internationale accepte tacitement les politiques trumpistes ou si elle est prête à exprimer sa désapprobation, même au prix de manquer le plus grand spectacle footballistique mondial.
