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Troisième Mondial raté d’affilée : l’Italie s’incline aux tirs au but face à la Bosnie à Zenica

Troisième Mondial raté d'affilée : l'Italie s'incline aux tirs au but face à la Bosnie à Zenica

Ce n’est pas un accident. Ce n’est plus une malchance. À Zenica, le 31 mars 2026, l’Italie a perdu aux tirs au but face à la Bosnie-Herzégovine et raté sa qualification pour une troisième Coupe du monde consécutive. 2018, 2022, 2026 : la liste s’allonge d’une façon qui dépasse l’entendement. Et cette fois, le tournoi accueille 48 nations.

Un scénario cruel au bout de la nuit

Le stade Bilino-Polje de Zenica comptait à peine 12 000 spectateurs. Peu importe le décor. Ce qui s’est joué là-bas va hanter le football italien pendant des années. Les Azzurri ont tenu 90 minutes, puis craqué dans le dernier quart d’heure du temps réglementaire, forcés à disputer une prolongation éprouvante avant de s’effondrer aux tirs au but.

Esposito a tiré au-dessus. Cristante a trouvé la barre transversale. Bajraktarevic a inscrit le penalty de la qualification malgré la main de Gianluigi Donnarumma, qui a tout tenté toute la nuit — 10 arrêts en 120 minutes — sans pouvoir sauver son équipe de ce désastre annoncé. La Bosnie a réussi ses quatre tirs au but. L’Italie n’en a réussi que deux.

Donnarumma, symbole d’une génération sacrifiée

Difficile de ne pas penser à lui en premier. Donnarumma a 26 ans. Il a débuté en équipe nationale à 16 ans. S’il veut disputer une Coupe du monde sous le maillot bleu, il devra attendre 2030 au minimum, et ses 31 ans. C’est une carrière internationale hors norme qui risque de passer à côté du rendez-vous planétaire par défaut collectif.

Car le problème n’est pas dans les cages. Depuis 2018 et l’élimination par la Suède en barrage, le football italien ne produit plus les profils qui font gagner des matchs couperets. Pas de joueur capable d’un geste décisif dans les moments tendus. Une équipe sans frisson, pour reprendre les mots entendus dans les tribunes ce soir-là.

La Bosnie, elle, retourne au Mondial douze ans après

Pour replacer les choses : la Bosnie-Herzégovine est un pays de moins de quatre millions d’habitants, indépendant depuis 1992. Sa première — et jusqu’ici unique — participation à une Coupe du monde remonte à 2014, au Brésil. Ce soir à Zenica, les joueurs ont pleuré sur la pelouse. Les supporters aussi, dans un stade qui tremblait.

Edin Dzeko, 40 ans, blessé dans les toutes dernières minutes de la prolongation et absent des tirs au but, a quand même vécu cette qualification depuis le banc. Il avait été là en 2014. Il sera probablement là en 2026, même sur le banc. Sa carrière boucle quelque chose.

La Bosnie avait déjà sorti le pays de Galles aux tirs au but la semaine précédente, dans ce même format de barrage. Deux séances, deux qualifications. Les tireurs bosniens sont montés au point de penalty sans trembler, alors que les Italiens, eux, semblaient déjà vaincus avant de frapper.

48 équipes, et l’Italie n’en fait pas partie

C’est peut-être le détail qui rend tout ça absurde. La Coupe du monde 2026 aux États-Unis, Canada et Mexique est la première édition à 48 équipes. Pratiquement deux fois plus de qualifiés qu’en 1998. L’UEFA envoie 16 représentants. Et l’Italie, quatre fois championne du monde, n’est pas dans la liste.

Les trois absences consécutives ne relèvent plus du hasard. La Suède en 2017, la Macédoine du Nord en 2021, la Bosnie en 2026 : trois adversaires que l’Italie n’avait aucune raison objective de perdre. Mais elle a perdu les trois fois. Ce n’est pas une série noire. C’est un état du football italien.

La fédération italienne, la FIGC, va devoir répondre à des questions très précises dans les prochains jours : qui entraîne cette équipe dans deux ans ? Quelle génération prend le relais ? Les réponses existent peut-être, quelque part dans les centres de formation. Ce soir, elles semblaient très loin de Zenica.