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Paraguay : l’attente touche à sa fin avant le grand tirage de la Coupe du monde 2026

Paraguay : l'attente touche à sa fin avant le grand tirage de la Coupe du monde 2026

Après seize longues années d’absence dans les compétitions mondiales, le Paraguay vit des heures fébriles. Le 5 décembre prochain à Washington, la Albirroja découvrira ses adversaires de poule lors d’un tirage au sort historique pour la première édition à 48 équipes. Retour sur les ambitions, le parcours et les hommes clés d’une sélection revenue de loin.

Un rendez-vous capital dans la capitale américaine

Le John Fitzgerald Kennedy Center de Washington accueillera le 5 décembre à 18 heures (heure de Paris) une cérémonie qui promet d’être grandiose. Pour le Paraguay, classé 39e au classement FIFA, ce moment revêt une dimension particulière. Seize ans après leur dernière apparition en Afrique du Sud, les Guaraníes s’apprêtent à vivre un instant suspendu où trois balles sorties d’un chapeau peuvent tout changer.

Placée dans le chapeau 3 selon la répartition FIFA, la formation de Gustavo Alfaro ne fait pas partie des favoris sur le papier. Mais qui se souvient que l’Espagne, futur champion du monde 2010, avait perdu son match d’ouverture avant de soulever le trophée ? La composition définitive des groupes sera dévoilée à cette occasion, avant que le calendrier complet avec les stades et horaires ne soit confirmé le 6 décembre.

Le suspense est à son comble. Le Paraguay ne pourra pas affronter l’Argentine ni le Brésil au premier tour, une règle qui protège les nations sud-américaines de duels fratricides prématurés. En revanche, tout le reste demeure possible. Avec des mastodontes comme l’Espagne, la France, l’Angleterre ou l’Allemagne dans le chapeau 1, les Paraguayens savent qu’ils devront se frotter à des géants du football mondial dès la phase de poules. Le tirage au sort est donc crucial pour leurs chances.

La résurrection orchestrée par Alfaro

Lorsque Gustavo Alfaro débarque à la tête de la sélection paraguayenne en 2024, l’ambiance est morose. Le début des éliminatoires avait été laborieux, poussant la Fédération à remercier l’entraîneur Garnero et à miser sur cet Argentin de 63 ans au CV bien rempli.

L’alchimie fonctionne immédiatement. Le technicien bâtit une série incroyable de neuf rencontres sans défaite qui propulse le Paraguay vers la qualification, un exploit impensable quelques mois plus tôt. Les victoires retentissantes à domicile face au Brésil (1-0), à l’Argentine (2-1) et à l’Uruguay (2-0) marquent les esprits et redonnent de la fierté à tout un pays.

Le 5 septembre 2025, un match nul 0-0 contre l’Équateur au stade Defensores del Chaco scelle définitivement la qualification, déclenchant des scènes de liesse dans tout Asunción. Le président Santiago Peña décrète même le 5 septembre jour férié national pour célébrer ce retour historique, une décision qui témoigne de l’importance du football dans la société paraguayenne.

Gómez, le roc de la défense paraguayenne

À 32 ans, Gustavo Gómez incarne tout ce que le Paraguay représente sur un terrain. Défenseur central évoluant à Palmeiras au Brésil, ce colosse de 1,85 mètre est bien plus qu’un simple joueur. Il est le capitaine, le leader, le symbole d’une génération qui refuse de baisser les bras.

Impérial dans les duels aériens, Gómez transforme chaque ballon haute en bataille personnelle qu’il remporte presque systématiquement. Sa lecture du jeu, sa capacité à anticiper les trajectoires et son placement exemplaire font de lui l’un des défenseurs les plus respectés du continent sud-américain. Avec Palmeiras, il a raflé tous les trophées possibles. Mais la Coupe du monde reste cette ligne manquante dans son palmarès, cette asignature pendiente comme disent les hispanophones.

Pour lui, 2026 représente probablement la dernière chance de fouler les pelouses du plus grand tournoi planétaire avec le maillot de son pays. Une motivation supplémentaire pour un homme qui a déjà tout gagné en club.

Les jeunes loups qui montent

Si Gómez est l’expérience incarnée, d’autres visages plus juvéniles pointent le bout de leur nez dans le vestiaire paraguayen. Diego León, latéral gauche de 18 ans passé de Cerro Porteño à Manchester United, représente l’avenir prometteur de la sélection. Sa convocation récente en amistosos témoigne de l’intérêt d’Alfaro pour ce talent précoce.

Enso González, ailier de 20 ans également exporté en Premier League, constitue un autre projet sur lequel le sélectionneur fonde de réels espoirs. Ces deux gosses offrent une alternative de fraîcheur à un effectif qui mélange savamment vétérans aguerris et nouveaux talents à développer.

Une identité tactique bien définie

Comment joue le Paraguay version Alfaro ? La recette tient en quelques ingrédients soigneusement dosés. D’abord, une solidité défensive à toute épreuve qui rappelle les grandes heures des sélections guaraníes. L’organisation tactique prime sur l’individualité, chaque joueur connaît son rôle et l’exécute avec discipline.

Ensuite, la maîtrise du jeu aérien dans les deux surfaces. Que ce soit pour défendre ou pour attaquer sur phases arrêtées, les Paraguayens excellent dans ce registre physique. Gómez en défense, Antonio Sanabria en attaque : les munitions ne manquent pas pour faire trembler les filets adverses sur corner ou coup franc.

Enfin, une capacité à souffrir ensemble, cette fameuse garra charrúa qui dépasse les frontières de l’Uruguay et irrigue toute l’Amérique du Sud. Face à des équipes techniquement supérieures, le Paraguay sait se montrer résilient, compact, difficile à manœuvrer.

Le onze probable qui affrontera le monde

Si Alfaro devait aligner son équipe type demain, voici ce qu’on verrait probablement : Roberto Fernández dans les buts, une défense à quatre avec Juan José Cáceres, Gustavo Gómez, Omar Alderete et Junior Alonso. Au milieu, Diego Gómez, Damián Bobadilla et Andrés Cubas assureraient le double pivot et la récupération. Plus haut, Miguel Almirón apporterait sa créativité sur un côté.

En attaque, Diego González et Sanabria formeraient le duo offensif chargé de convertir les occasions. Un onze sans stars mondiales mais avec des joueurs qui connaissent leur métier et qui ne lâcheront rien pendant 90 minutes.

Les derniers tests avant le grand rendez-vous

Les résultats récents du Paraguay dessinent un tableau contrasté. La victoire finale des éliminatoires au Pérou (0-1) a confirmé la bonne dynamique. Mais la tournée asiatique d’octobre a révélé quelques failles avec un nul contre le Japon (2-2) et une défaite face à la Corée du Sud (2-0).

En novembre, les confrontations contre les futurs hôtes du Mondial ont livré un verdict mitigé : défaite contre les États-Unis (2-1) à Philadelphie, puis belle victoire contre le Mexique (1-2) à San Antonio. Des matches de préparation qui permettent à Alfaro de peaufiner ses automatismes et d’identifier les axes de progression avant juin 2026.

2010, le précédent glorieux qui nourrit les rêves

La dernière participation paraguayenne remonte à l’Afrique du Sud 2010, où la Albirroja avait atteint les quarts de finale avant de s’incliner face à l’Espagne (0-1), future championne du monde. Ce match rocambolesque avait vu un but paraguayen refusé pour hors-jeu, un penalty arrêté par Casillas, avant que David Villa ne délivre la Roja d’un but qui avait touché les deux poteaux.

Ce souvenir amer nourrit paradoxalement l’espoir actuel. Le Paraguay avait prouvé en 2010 qu’il pouvait rivaliser avec les meilleurs, accrocher les favoris, leur rendre la vie impossible. Avec Alfaro aux commandes et une génération qui a faim de revanche après seize ans d’absence, rien n’interdit de rêver à un nouveau parcours mémorable.

Les objectifs pour 2026

Réalistes sans être défaitistes, les Guaraníes savent que tout dépendra du tirage au sort. Tomber dans un groupe avec l’Espagne, la France et un autre coriace du chapeau 2 compliquerait sérieusement la tâche. À l’inverse, un tirage plus clément ouvrirait des perspectives enthousiasmantes.

L’objectif minimal ? Sortir des poules et atteindre les huitièmes de finale dans ce nouveau format à 48 équipes où les huit meilleurs troisièmes se qualifient également. L’objectif rêvé ? Reproduire l’exploit de 2010 en atteignant les quarts, voire aller plus loin si les astres s’alignent.

Dans moins d’une semaine, le Paraguay connaîtra son destin. Une nation tout entière retiendra son souffle devant les écrans lorsque la boule portant son nom sortira du chapeau. Seize ans d’attente pour revivre le frisson d’une Coupe du monde. Seize ans pour préparer ce moment. Le compte à rebours est lancé.