La fédération iranienne de football a demandé à la FIFA de transférer ses matchs de phase de groupes des États-Unis vers le Mexique. Motif invoqué : l’état de guerre entre Téhéran et Washington. À deux mois du coup d’envoi, le 11 juin 2026, Gianni Infantino n’a pas encore répondu. La participation de l’Iran au tournoi reste donc suspendue à ce silence.
Une demande sans réponse depuis des semaines
Ce week-end, le responsable iranien Donyamali a déclaré à l’agence de presse d’État turque Anadolu que la demande de transfert de matchs était toujours en attente. Sa formulation est précise : « Si elle est acceptée, la participation de l’Iran à la Coupe du Monde sera certaine. » L’inverse est implicite. Pas de réponse favorable, pas de garantie de présence.
Le gouvernement iranien a posé une condition ferme à la FIFA : l’Iran jouera, mais uniquement si ses matchs de poule se tiennent au Mexique plutôt qu’aux États-Unis. Une demande qui découle directement du contexte géopolitique actuel — les deux pays sont en conflit ouvert, et Téhéran a interdit à ses équipes nationales et clubs de se déplacer dans les pays qu’il considère comme hostiles.
Trump, Infantino et un dossier sans arbitre
Le mois dernier, Donald Trump a envoyé un message ambigu. L’équipe iranienne est la bienvenue aux États-Unis, a-t-il dit, mais il a ajouté que cela pourrait ne pas être approprié pour « leur vie et leur sécurité ». Une formulation qui n’est pas vraiment une invitation chaleureuse.
De son côté, la FIFA reste muette. Infantino s’était pourtant rendu en personne assister à un match de l’Iran il y a quelques semaines, dans ce qui ressemblait à un geste d’apaisement. Résultat concret : zéro. La fédération internationale n’a communiqué aucune décision sur la demande de changement de lieu.
Ce silence a un prix. Chaque jour sans réponse, c’est une sélection qui ne peut pas préparer son tournoi sereinement. L’Iran ne sait pas où elle jouera. Ses joueurs ne savent pas s’ils joueront. Les staffs ne peuvent pas avancer sur la logistique des camps de base ni sur les déplacements entre villes hôtes.
Le règlement FIFA face au réel
Les statuts de la FIFA prévoient que la sécurité des participants doit être garantie. C’est écrit. Mais entre le texte et son application, il y a toute la distance qui sépare un principe d’un cas concret politiquement sensible.
La FIFA se retrouve dans une position inconfortable. Accepter la demande iranienne, c’est reconnaître que les États-Unis ne peuvent pas garantir la sécurité de certaines délégations — ce que Washington conteste. Refuser, c’est prendre le risque de voir l’Iran se retirer à quelques semaines du tournoi, avec tout ce que cela implique en termes d’image pour un Mondial déjà sous pression.
Le Mexique, lui, accueille plusieurs matchs du premier tour et ne pose aucun problème de sécurité pour la délégation iranienne. Techniquement, un redécoupage des groupes ou un échange de sites n’est pas impossible — la FIFA l’a déjà fait dans des contextes logistiques. La question n’est pas la faisabilité, c’est la décision politique que cela représente.
Un cas qui ne restera pas isolé
L’Iran n’est pas la seule sélection à avoir exprimé des réserves sur la tenue du tournoi aux États-Unis. Des associations de supporters allemands ont annoncé qu’ils ne feraient pas le déplacement en raison du climat politique américain. Des inquiétudes similaires circulent du côté de certaines fédérations africaines et latino-américaines concernant les conditions d’entrée sur le territoire américain pour leurs ressortissants.
Le cas iranien est le plus médiatisé parce qu’il est le plus tranché : c’est une demande officielle, formulée par un gouvernement, à une fédération internationale, avec une échéance claire. La FIFA devra répondre avant que l’Iran ferme définitivement la porte.
Le Mondial 2026 débute le 11 juin. La phase de groupes se termine le 2 juillet.


