François Letexier et Clément Turpin figurent parmi les 52 arbitres centraux retenus par la FIFA pour la Coupe du monde 2026, qui se tient du 11 juin au 19 juillet au Canada, aux États-Unis et au Mexique. La France devient l’un des six pays seulement à aligner deux sifflets principaux dans le même tournoi. C’est la troisième fois que ça arrive en 23 éditions, après 1990 et 2022. La délégation tricolore compte sept officiels au total.
Un doublé rarissime dans l’histoire du mondial
Deux arbitres du même pays au même Mondial, c’est loin d’être automatique. Sur 48 nations qualifiées pour l’édition 2026, six seulement peuvent se targuer d’envoyer au moins deux arbitres centraux. La France en fait partie, avec Letexier et Turpin tous les deux dans la liste FIFA publiée le 9 avril.
La précédente double représentation française remonte à 2022, quand la FFF avait obtenu la sélection de Stéphanie Frappart et Clément Turpin au Qatar. Turpin rempile donc pour un deuxième Mondial consécutif, ce qui est déjà une distinction en soi. Avant ça, il faut remonter à 1990 en Italie, où Joël Quiniou et Michel Vautrot avaient arbitré côte à côte.
Letexier, lui, découvrira la compétition pour la première fois. À 35 ans, l’arbitre nordiste a franchi les étapes rapidement : international depuis 2019, il a dirigé plusieurs matchs de Ligue des champions ces deux dernières saisons et était sur la finale de l’Euro 2024 entre l’Espagne et l’Angleterre à Berlin.
Sept officiels français au total
La délégation ne s’arrête pas aux deux arbitres centraux. Jérôme Brisard est désigné comme assistant VAR, un rôle qu’il occupe régulièrement dans les compétitions UEFA. Les arbitres assistants retenus sont Nicolas Danos, Benjamin Pagès, Cyril Mugnier et Mehdi Rahmouni. Sept officiels français au total, ce qui place la France parmi les délégations les mieux dotées numériquement.
Le président de la FFF Philippe Diallo a réagi dans un communiqué : La confiance témoignée par la FIFA reflète la qualité de l’arbitrage français, parfois critiqué au niveau national mais largement reconnu sur la scène internationale.
L’observation n’est pas fausse. Les débats sur l’arbitrage en Ligue 1 sont récurrents, souvent virulents, et pourtant les sifflets tricolores continuent d’être choisis pour les plus grandes échéances mondiales.
Un format inédit à 48 équipes
Le Mondial 2026 sera le premier à 48 équipes, contre 32 lors des éditions précédentes. Ce passage à 104 matchs — contre 64 au Qatar — exige mécaniquement plus d’arbitres. La FIFA a donc élargi son vivier, ce qui peut partiellement expliquer la présence de deux Français. La compétition plus longue augmente aussi les chances que Letexier et Turpin dirigent des matchs à fort enjeu, y compris potentiellement en phase à élimination directe.
La FIFA n’a pas encore communiqué sur la répartition des matchs entre arbitres. Les désignations pour les phases de groupes et les tours suivants seront connues au fur et à mesure de la compétition, qui débute le 11 juin 2026.
La question de la reconnaissance internationale
Il y a un paradoxe bien français dans cette histoire. L’arbitrage hexagonal est régulièrement mis en cause par les clubs de Ligue 1, les entraîneurs, parfois même les instances. Les polémiques autour des décisions arbitrales font partie du paysage médiatique habituel. Et pourtant, la FIFA place ses arbitres dans les 52 meilleurs du monde.
Diallo a d’ailleurs souligné ce décalage dans son communiqué, en espérant que ces sélections susciteront des vocations
. La Direction technique de l’arbitrage, qui suit et forme les officiels au quotidien, joue un rôle concret dans cette reconnaissance internationale — même si son travail reste peu visible dans le débat public.
Clément Turpin et François Letexier seront donc sur les pelouses nord-américaines cet été, dans un tournoi qui s’étire jusqu’au 19 juillet 2026. La finale est prévue au MetLife Stadium de East Rutherford, dans le New Jersey.


