À quelques jours d’un rendez-vous capital, l’équipe de France retient son souffle. Le vendredi 5 décembre prochain, le tirage au sort de la Coupe du monde 2026 dévoilera les groupes du Mondial nord-américain. Entre rêves de facilité et cauchemars tactiques, voici les configurations qui pourraient sourire ou grimacer à Didier Deschamps.
Washington, centre névralgique du football mondial le 5 décembre
Le suspense prendra fin au Kennedy Center de Washington, à 18 heures heure française (midi heure locale). Ce jour-là, les 48 nations qualifiées seront réparties dans 12 groupes de 4 équipes, une première dans l’histoire du football international. Cette édition XXL se déroulera du 11 juin au 19 juillet 2026 sur les terres américaines, canadiennes et mexicaines.
Le match inaugural aura lieu au mythique stade Azteca de Mexico, tandis que la finale se jouera au MetLife Stadium du New Jersey le 19 juillet. L’enceinte new-yorkaise, qui peut accueillir plus de 82 000 spectateurs, a déjà vibré lors de la finale de la Copa América Centenario en 2016.
Les Bleus, placés dans le chapeau 1 grâce à leur statut de troisième nation mondiale au classement FIFA, éviteront donc les mastodontes dès la phase de poules. Mais attention, cela ne garantit aucunement un parcours tranquille.
Le groupe de la mort version française
Imaginez un instant. L’Italie, quadruple championne du monde actuellement en barrages et reléguée au chapeau 4 en cas de qualification. Le Maroc, sensation de la dernière Coupe du monde avec sa demi-finale historique au Qatar, solidement installé au chapeau 2. Et pour compléter le tableau, le Paraguay, nation sud-américaine toujours coriace, qui camperait au chapeau 3.
Voilà de quoi donner des sueurs froides au staff tricolore. L’Italie, malgré son déclin relatif, reste une nation capable de hausser son niveau lors des grands rendez-vous. Douze fois championne du monde et 12e au classement FIFA, la Squadra Azzurra pourrait devenir l’équipe à éviter du quatrième chapeau.
Le Maroc possède l’un des viviers les plus impressionnants du continent africain, avec des joueurs évoluant dans les plus grands clubs européens. Quant au Paraguay, il incarne cette solidité défensive sud-américaine qui a souvent fait dérailler les favoris européens.
Une autre configuration cauchemardesque ? La Colombie, l’Algérie et encore une fois l’Italie. Les Cafeteros reviennent en force sur la scène internationale, tandis que les Fennecs ont prouvé leur valeur lors des dernières éditions continentales. Ce serait un groupe où chaque match nécessiterait une mobilisation maximale.
Le tirage idéal pour viser sereinement les phases finales
À l’opposé du spectre, certaines configurations pourraient offrir aux champions du monde 2018 un boulevard vers les huitièmes de finale. Le scénario parfait ? Affronter l’Équateur, l’Ouzbékistan et Haïti.
L’Équateur, bien que respectable, ne dispose pas de l’armada technique des grandes nations sud-américaines. L’Ouzbékistan, qui disputera sa première phase finale mondiale, découvrira l’intensité d’un tournoi planétaire. Haïti, comme le Cap-Vert, l’Ouzbékistan et la Jordanie, participera pour la première fois à une phase finale.
Autre combinaison favorable : l’Australie, l’Afrique du Sud et Curaçao. Les Socceroos australiens, malgré leur expérience, ne font pas partie du gratin mondial. L’Afrique du Sud et Curaçao complèteraient un groupe théoriquement gérable pour une formation tricolore ambitieuse.
Attention toutefois à ne pas sous-estimer ces adversaires. Les surprises sont monnaie courante en Coupe du monde, et un excès de confiance pourrait coûter cher.
Une protection inédite pour les quatre meilleures nations
La FIFA a introduit une nouveauté majeure : les quatre équipes les mieux classées au classement mondial – l’Espagne, l’Argentine, la France et l’Angleterre – ne pourront pas se rencontrer avant les demi-finales si elles terminent premières de leurs groupes. Une disposition qui protège les favoris et structure le tableau final.
L’Espagne et l’Argentine seront placées dans des voies opposées, tout comme la France et l’Angleterre. Cette architecture garantit que les chocs entre titans n’interviendront qu’en fin de tournoi, offrant potentiellement des demi-finales et une finale d’anthologie.
Pour Didier Deschamps, cette configuration représente un avantage stratégique non négligeable. Confirmé à son poste jusqu’en 2026, il incarne une stabilité que peu de nations peuvent revendiquer et s’apprête à disputer sa septième phase finale majeure à la tête des Bleus.
Les chapeaux qui dessinent l’avenir des Bleus
Rappelons la composition complète des quatre chapeaux pour ce tirage historique :
Chapeau 1 : Canada, Mexique, États-Unis, Espagne, Argentine, France, Angleterre, Brésil, Portugal, Pays-Bas, Belgique, Allemagne.
Chapeau 2 : Croatie, Maroc, Colombie, Uruguay, Suisse, Japon, Sénégal, Iran, République de Corée, Équateur, Autriche, Australie.
Chapeau 3 : Norvège, Panama, Égypte, Algérie, Écosse, Paraguay, Tunisie, Côte d’Ivoire, Ouzbékistan, Qatar, Afrique du Sud.
Chapeau 4 : Jordanie, Cap-Vert, Ghana, Curaçao, Haïti, Nouvelle-Zélande, vainqueurs des barrages européens A, B, C et D, vainqueurs du tournoi de barrage intercontinental 1 et 2.
La règle édictée par la FIFA précise qu’aucun groupe ne peut comporter plus d’une équipe de la même confédération, à l’exception de l’UEFA qui peut placer deux représentants maximum par groupe. Cette contrainte géographique influence considérablement les probabilités de tirage.
Un statut de favori qui ne se discute plus
La France a confirmé son statut de favorite pour la Coupe du Monde 2026 en s’imposant largement 4-0 face à l’Ukraine, validant ainsi son billet pour l’Amérique du Nord. D’après les cotes actuelles des bookmakers, la France fait figure de grande favorite pour remporter la Coupe du Monde 2026, avec une cote de 7.00.
Cette position dominante s’explique par plusieurs facteurs. La profondeur du réservoir français et le talent de ses individualités est quasiment sans égal depuis une décennie. Kylian Mbappé, capitaine et leader technique, reste le moteur offensif de cette équipe. Le Madrilène mène une équipe composée de l’un des meilleurs joueurs de Bundesliga (Michael Olise), d’une charnière niveau Ligue des champions (William Saliba, Dayot Upamecano), et du Ballon d’Or 2025 (Ousmane Dembélé).
Mais les Bleus ne sont pas seuls dans cette course au titre. L’Espagne, seule sélection qui allie individualités scintillantes, grand titre récent (Euro 2024), et la meilleure expression collective des qualifiés, semble réserver la place de favori. L’Argentine, tenante du titre, reste également un adversaire redoutable.
Le calendrier se précise pour une édition hors normes
Le calendrier des matchs, comprenant notamment les stades et les horaires des coups d’envoi, sera confirmé le samedi 6 décembre, soit le lendemain du tirage au sort. La procédure de programmation vise à offrir les meilleures conditions possibles à toutes les équipes et à permettre aux supporters du monde entier de suivre les rencontres malgré les différents fuseaux horaires.
Cette édition réunira 104 matches, contre 64 lors des éditions précédentes, incluant un tour à élimination directe supplémentaire avec les seizièmes de finale. Le champion disputera 8 rencontres au total, contre 7 auparavant.
Les stades sont divisés en trois zones géographiques : la zone Ouest avec Vancouver, Seattle, San Francisco et Los Angeles, la zone Centrale avec Guadalajara, Mexico, Monterrey, Houston, Dallas et Kansas City, et la zone Est avec Atlanta, Miami, Toronto, Boston, Philadelphie et New York. Cette répartition vise à limiter les déplacements des équipes et à optimiser la logistique d’un tournoi continental.
Le suspense sera bientôt levé. D’ici quelques jours, les Bleus sauront s’ils devront affronter des géants d’entrée ou s’ils bénéficieront d’un parcours plus clément pour lancer leur campagne américaine. Une chose est sûre : les joueurs espèrent une sortie en beauté pour Didier Deschamps, en récompense de son parcours exceptionnel. Le rendez-vous est pris pour le 5 décembre.


