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Coupe du monde 2026 : Supporters, attention à ces 3 risques inquiétants liés à l’ICE qui pourraient gâcher votre Mondial

Coupe du monde 2026 : Supporters, attention à ces 3 risques inquiétants liés à l’ICE qui pourraient gâcher votre Mondial

À moins de cinq mois du coup d’envoi de la Coupe du monde 2026, une question fait trembler le monde du football : des agents de l’immigration américaine seront-ils déployés autour des stades ? La confirmation est venue directement du directeur par intérim de l’ICE, et elle provoque une onde de choc bien au-delà du terrain. Entre sécurité fédérale et politique migratoire agressive, le Mondial nord-américain s’annonce sous haute tension.

L’ICE confirme sa participation à la sécurité du Mondial

Todd Lyons n’a pas tourné autour du pot. Lors d’une audition devant la commission de la sécurité intérieure de la Chambre des représentants, le directeur par intérim de l’U.S. Immigration and Customs Enforcement (ICE) a déclaré que son agence jouerait un « rôle clé » dans le dispositif de sécurité de la Coupe du monde de football 2026. La déclaration a immédiatement enflammé les réseaux sociaux, entre incompréhension et colère.

Lyons a nuancé ses propos : cette implication concernerait le Homeland Security Investigations (HSI), la branche d’enquête de l’ICE, et non l’Enforcement and Removal Operations (ERO), chargée des arrestations et expulsions. Une distinction cruciale, mais qui peine à rassurer.

HSI et ERO : deux missions radicalement différentes

Pour comprendre ce qui se joue, il faut saisir la différence entre ces deux entités. Le HSI opère dans l’ombre. Ses missions portent sur le renseignement, la coordination interagences et la prévention des crimes transnationaux comme le trafic d’êtres humains ou les menaces sécuritaires de grande envergure. Cette branche a déjà participé à la sécurisation du Super Bowl et des Jeux olympiques. Sa présence lors du Mondial s’inscrit dans cette logique.

L’ERO, en revanche, est le visage le plus redouté de l’ICE. C’est cette division qui mène les opérations de terrain : raids, détentions, expulsions. Et c’est précisément là que le bât blesse. Todd Lyons n’a pas garanti que les opérations d’application de la loi migratoire seraient suspendues pendant les matchs ou les événements liés à la Coupe du monde. Un silence qui en dit long.

Des élus américains montent au créneau

La représentante démocrate Nellie Pou, dont la circonscription englobe le MetLife Stadium d’East Rutherford (New Jersey), a directement interpellé Lyons. Elle lui a demandé de s’engager à suspendre les opérations de l’ICE autour des sites de la compétition. Son argument : la peur éloigne les supporters, fragilise l’économie des villes hôtes et ternit l’image des États-Unis.

Lyons n’a pas répondu favorablement à cette demande. Et pour cause, le Department of Homeland Security (DHS) a déjà été mis en cause pour avoir dissimulé la nature réelle de certaines opérations sur le sol américain. Un passif qui alimente la méfiance.

Un dispositif de sécurité à une échelle sans précédent

La Coupe du monde 2026 se déroulera dans trois pays – États-Unis, Mexique et Canada – avec onze villes hôtes américaines. Près de sept millions de visiteurs internationaux sont attendus, et le gouvernement fédéral a débloqué plus de 600 millions de dollars (environ 570 millions d’euros) pour assurer la sécurité du tournoi. Le DHS coordonne quotidiennement ses actions avec les municipalités concernées.

L’ampleur de l’événement rend l’implication fédérale incontournable. Reste une zone grise majeure : comment l’application de la politique migratoire va-t-elle coexister avec le maintien de l’ordre classique pendant la compétition ?

Les droits humains au cœur du débat

Pour les organisations de défense des droits civiques, le vrai danger ne se situe pas à l’intérieur des enceintes sportives. Il rôde dans tout ce qui les entoure. L’American Civil Liberties Union (ACLU) et Human Rights Watch alertent sur un mécanisme bien rodé : un simple contrôle de police peut déboucher sur un transfert vers l’ICE grâce aux accords de coopération entre forces locales et fédérales.

Ce scénario n’a rien d’hypothétique. L’an dernier, un demandeur d’asile a été arrêté puis expulsé après une infraction mineure liée à un drone près d’un événement sportif. Un cas d’école. Certaines villes hôtes fonctionnent sous des accords 287(g), autorisant les forces de l’ordre locales à agir pour le compte de l’ICE. Le New Jersey, lui, ne participe pas à ce dispositif.

Un Mondial sous l’ère Trump

Ce contexte prend une dimension particulière sous la présidence de Donald Trump, dont la politique migratoire dans des villes comme Minneapolis ou Los Angeles a déjà suscité des critiques internationales. Le DHS assure que les résidents en situation régulière n’ont rien à craindre. Des citoyens américains ont pourtant été arrêtés par erreur par l’ICE, fragilisant cette promesse.

La FIFA n’a pour l’heure formulé aucun commentaire sur d’éventuelles garanties obtenues auprès des autorités américaines. Un silence assourdissant pour une organisation qui porte la responsabilité d’un événement planétaire.

À cinq mois du coup d’envoi, la question n’est plus de savoir si la Coupe du monde sera sécurisée. Elle est de savoir si chaque supporter se sentira suffisamment en sécurité pour s’y rendre. Et ça, c’est une tout autre histoire.