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Coupe du monde 2026 : la participation de l’Iran menacée par les frappes américano-israéliennes

Coupe du monde 2026 : la participation de l'Iran menacée par les frappes américano-israéliennes

Depuis le week-end du 28 février, les États-Unis et Israël mènent des frappes militaires contre l’Iran. L’Iran a riposté en visant des bases américaines et israéliennes au Moyen-Orient. Au moins 555 personnes ont été tuées sur le sol iranien, trois soldats américains sont morts. Dans ce contexte, la présence de l’équipe nationale iranienne à la Coupe du monde cet été est sérieusement remise en question.

Un calendrier qui tombe au pire moment

Le Mondial 2026 s’ouvre le 11 juin au Mexique. L’Iran est versé dans le groupe G aux côtés de la Belgique, de l’Égypte et de la Nouvelle-Zélande. Les trois matchs de la phase de poules sont programmés sur la côte ouest des États-Unis : le 15 juin face à la Nouvelle-Zélande au Los Angeles Stadium, le 21 juin contre la Belgique dans ce même stade, et le 26 juin contre l’Égypte à Seattle.

Autrement dit, l’Iran devrait jouer tous ses matchs sur le sol de l’un des pays qui la bombarde actuellement. La situation est sans précédent dans l’histoire de la compétition.

La fédération iranienne dans l’expectative

Mehdi Taj, président de la Fédération de football de la République islamique d’Iran (FFIRI), a réagi dès dimanche. Sans annoncer de retrait officiel, il a choisi ses mots avec soin : « Ce qui est certain, c’est qu’après cette attaque, on ne peut pas nous demander d’envisager la Coupe du monde avec espoir. » Une décision finale, a-t-il précisé, reviendra aux « hauts responsables sportifs du pays ».

Le signal est clair. Ce n’est plus une question purement sportive.

Le problème du visa s’ajoute au reste

Même si l’Iran décidait de participer, ses supporters feraient face à un obstacle supplémentaire. L’Iran figure parmi les douze pays visés par le décret d’interdiction de voyage signé par Donald Trump en juin dernier. Les fans iraniens souhaitant rejoindre Los Angeles ou Seattle pour soutenir la Team Melli se retrouveraient donc bloqués aux frontières américaines, quelle que soit l’issue des négociations diplomatiques.

C’est une ironie géopolitique lourde : la côte ouest des États-Unis abrite l’une des plus grandes communautés iraniennes de la diaspora, notamment à Los Angeles. Ces supporters-là pourraient assister aux matchs. Les autres, ceux qui vivent en Iran, non.

FIFA surveille, sans se prononcer

Le Secrétaire général de la FIFA, Mattias Grafstrom, a réagi sobrement lors de la réunion annuelle de l’IFAB au Pays de Galles, samedi. « Nous avons eu une réunion aujourd’hui, et il est prématuré de commenter en détail, mais nous allons surveiller les développements. » L’instance a ajouté qu’elle continuerait « à communiquer avec les gouvernements hôtes ».

Ce n’est pas exactement une réponse de crise. Avec trois mois et demi avant le coup d’envoi, FIFA n’a visiblement pas encore de plan B formalisé.

Que se passerait-il si l’Iran se retirait ?

Il n’existe aucun précédent de retrait volontaire à la Coupe du monde. Les exclusions connues — dont celle de la Russie après l’invasion de l’Ukraine en 2022 — ont toutes été prononcées par les instances sportives, pas décidées par les équipes elles-mêmes.

Si l’Iran se retirait, son remplacement reviendrait logiquement à la Confédération asiatique de football (AFC), qui a fourni le quota de qualification. Les Émirats arabes unis, classés juste derrière Iran à l’issue des éliminatoires, seraient les premiers sur la liste. L’Irak pourrait également entrer en lice s’il se qualifie via les barrages intercontinentaux — et si l’UAE venait à décliner.

Rien de tout cela n’a été confirmé par l’AFC ni par la FIFA.

Un bilan sportif qui rend l’enjeu encore plus pesant

L’Iran se présente à ce tournoi avec un statut solide : 20e nation mondiale, deuxième en Asie, sept participations à la Coupe du monde dont trois consécutives. Mehdi Taremi, buteur régulier en Serie A avec l’Inter Milan, devait en être l’homme fort. C’est la meilleure sélection iranienne depuis des années — et elle risque de ne pas prendre le départ.

La question n’est plus de savoir si l’Iran peut passer le premier tour. Elle est plus simple et plus grave : l’Iran sera-t-il seulement à Los Angeles le 15 juin ?