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Coupe du monde 2026 : la FIFA pourrait retirer le match d’ouverture à l’Estadio Azteca

Coupe du monde 2026 : la FIFA pourrait retirer le match d'ouverture à l'Estadio Azteca

Les travaux de rénovation de l’Estadio Azteca accumulent les retards et les complications. Emilio Azcárraga Jean, propriétaire de l’enceinte mythique de Mexico, a lui-même reconnu ses doutes sur le respect du calendrier. Une situation qui pourrait pousser la FIFA à prendre une décision radicale : retirer au Coloso de Santa Úrsula le match d’ouverture du Mondial, voire son statut de ville hôte.

Azcárraga sème le doute sur l’avancement des travaux

L’homme qui détient les clés de l’Estadio Azteca et du Club América n’a pas mâché ses mots cette semaine. Emilio Azcárraga Jean a reconnu publiquement que le chantier de rénovation du stade ne le rassure pas pleinement. « Les constructeurs disent que oui. Moi, je ne suis pas expert en construction, ils fixent des dates, nous avons une réunion chaque semaine et moi, comme je leur ai dit l’autre jour, je ne suis pas constructeur, je ne vois pas que leurs dates soient les bonnes dates, mais la vérité c’est que ça avance bien », a-t-il déclaré.

Un aveu à demi-mot qui en dit long. Le propriétaire du stade reconnaît ne pas maîtriser les aspects techniques du chantier, tout en laissant planer un doute sérieux sur la capacité des équipes à tenir les délais. Il a également évoqué des problèmes concrets, notamment un système d’éclairage des colonnes qui n’a pas donné satisfaction et devra être repris ultérieurement.

Trois phases de travaux, un calendrier serré

La rénovation de l’Azteca se décompose en trois étapes. La première devait s’achever fin février 2026. La deuxième doit être bouclée pour la réinauguration prévue le 28 mars, date à laquelle le Mexique affrontera le Portugal en match amical. La troisième et dernière phase vise le 11 juin 2026, jour du coup d’envoi du Mondial avec la rencontre Mexique – Afrique du Sud.

Ce programme en trois temps laisse finalement très peu de marge. Quatre mois à peine séparent la réinauguration du match d’ouverture. Et quand on sait que la FIFA exige de prendre le contrôle total des stades hôtes début mai pour préparer l’événement, l’équation devient particulièrement tendue.

La FIFA prête à sévir en cas de retard ?

C’est le scénario que personne ne souhaite au Mexique. Selon le journaliste Rubén Rodríguez, intervenant sur FOX One dans l’émission Cuadro Titular, la fédération internationale ne fera pas de cadeau. La FIFA récupérera l’ensemble des stades du tournoi – au Mexique, aux États-Unis et au Canadaaux alentours du 3 ou 4 mai. Si l’Azteca n’est pas prêt à cette date, les conséquences pourraient être drastiques.

Rodríguez a été catégorique : « En mars, le stade ne sera pas terminé à 100 %, c’est un fait. Si la FIFA constate que ce n’est pas prêt en mai, elle lui retire le match inaugural et la ville hôte. » Une perspective qui donnerait le vertige à tout un pays pour lequel cette ouverture du Mondial revêt une dimension symbolique considérable.

Un stade légendaire sous pression

L’Estadio Azteca n’est pas n’importe quelle enceinte. C’est le seul stade au monde à avoir accueilli deux finales de Coupe du monde : celle de 1970, où Pelé souleva son troisième trophée, et celle de 1986, théâtre du sacre de Maradona. En 2026, il devait devenir le premier stade de l’histoire à accueillir trois éditions du tournoi – un record qu’aucune autre enceinte, pas même le Maracanã, ne peut revendiquer.

Le chantier de rénovation, estimé à environ 3 milliards de pesos (près de 150 millions d’euros), comprend l’installation d’une pelouse hybride, de nouveaux vestiaires, d’écrans LED haute résolution, de 200 caméras de sécurité et de zones d’hospitalité couvrant plus de 7 000 m². La capacité devrait atteindre 87 000 places, faisant de l’Azteca la plus grande enceinte de football des Amériques. Un projet pharaonique, mais dont l’exécution inquiète désormais au plus haut niveau.

Quelles alternatives si l’Azteca perd l’inauguration ?

La question mérite d’être posée. Si la FIFA décidait de transférer le match d’ouverture, plusieurs stades américains seraient en mesure d’accueillir l’événement. Le SoFi Stadium de Los Angeles, le MetLife Stadium du New Jersey ou encore l’AT&T Stadium de Dallas disposent tous d’infrastructures déjà prêtes et conformes aux exigences de l’instance dirigeante du football mondial.

Pour le Mexique, perdre cette inauguration serait un coup dur. Le pays co-organise certes le tournoi avec les États-Unis et le Canada, mais ne reçoit que 13 des 104 matches programmés. L’ouverture du Mondial représente une vitrine médiatique et diplomatique que la fédération mexicaine entend bien conserver.

Le match amical du 28 mars face au Portugal servira de test grandeur nature. Si l’Azteca passe cette épreuve avec succès, les craintes pourraient s’apaiser. Dans le cas contraire, la FIFA aura toutes les raisons de trancher. Et l’histoire retiendra que le Coloso de Santa Úrsula aura peut-être raté son rendez-vous avec la postérité.