La FIFA et l’Organisation mondiale du commerce ont publié en 2025 une étude commune chiffrant à 40,9 milliards de dollars (environ 37,5 milliards d’euros) la contribution de la Coupe du monde 2026 au PIB mondial. Du 11 juin au 19 juillet, 48 équipes s’affrontent dans 16 villes réparties entre les États-Unis, le Canada et le Mexique. C’est la première édition à ce format — 104 matchs au total — et pour les commerçants, les banques et les plateformes de paiement, la question n’est pas tant sportive qu’économique : comment gérer un flux de 6,5 millions de supporters en déplacement sur un mois ?
Un mois, trois pays, des milliards de transactions
Pour mesurer l’ampleur du phénomène, un chiffre : la finale de la Coupe du monde 2022 au Qatar a attiré 1,5 milliard de téléspectateurs. L’ensemble du tournoi qatari a généré 5 milliards d’interactions numériques, selon les données officielles de la FIFA. La Coupe du monde 2018 avait été suivie par 3,572 milliards de personnes. On parle du seul événement sportif dont l’audience dépasse régulièrement celle des Jeux olympiques.
Cette audience massive se double d’un flux physique de supporters. Los Angeles accueille plusieurs matchs, et le comité organisateur local table sur 515 millions de dollars de dépenses directes — hébergement, restaurants, transports, boutiques — auxquels s’ajoutent 377 millions en retombées indirectes. Ce sont des chiffres pour une seule ville. Kansas City, Dallas, Miami, New York, Toronto, Guadalajara : chacune a ses propres projections, chacune prépare ses infrastructures de paiement.
Les packages à 23 000 euros et les fan zones gratuites
L’offre hospitality officielle de la FIFA passe par On Location, le prestataire exclusif du tournoi. Le package New York/New Jersey — huit matchs dont la finale, accès VIP, conciergerie — démarre à 23 700 euros par personne. Ce n’est pas un billet de stade avec un hot-dog. C’est un séjour organisé avec entrée prioritaire et menu cuisiné.
À l’opposé du spectre, la fan zone officielle de Kansas City sera gratuite. Elle s’ouvre sur un portail en forme de cœur de 20 mètres de haut installé devant le National WWI Museum. Le Rockefeller Center à New York se transforme en terrain de football pour l’occasion. Ces espaces accueillent des dizaines de milliers de personnes sans ticket de match — et ces personnes consomment aussi : bières, maillots, street food, souvenirs.
C’est précisément la mécanique que les marques financières ont anticipée. Visa est partenaire officiel et prestataire de paiement préférentiel pour la billetterie — prévente prioritaire pour les détenteurs de cartes. Bank of America est le premier sponsor bancaire mondial de l’histoire du tournoi. Deux acteurs qui ne se positionnent pas pour l’image mais pour le volume transactionnel.
Airbnb, les restaurants du coin et l’économie de proximité
Les grands sponsors ne sont pas les seuls à se préparer. Airbnb, désormais partenaire officiel du tournoi, a lancé un programme d’impact de 4,6 millions d’euros pour les villes hôtes. Le cabinet Deloitte, mandaté par la plateforme, estime que ses hôtes pourraient générer 3,3 milliards d’euros d’activité économique dans les trois pays pendant le mois de compétition.
Ce calcul inclut les dépenses dans les commerces de proximité. Un supporter allemand logé via Airbnb à Los Angeles achète son café en bas de l’immeuble, prend un taxi pour le stade, dîne dans un restaurant mexicain du quartier. Aucun de ces commerces n’est partenaire officiel de la FIFA.
Le vrai stress test : les paiements en temps réel
Derrière les chiffres de consommation se cache un défi technique concret. Des millions de touristes étrangers, cartes bancaires de dizaines de pays en poche, effectuent des transactions simultanées dans des villes qui n’ont jamais géré ce volume de paiements internationaux. Kansas City n’est pas Singapour.
La publication spécialisée PYMNTS le formule clairement : la Coupe du monde 2026 est un test grandeur nature pour les infrastructures de paiement nord-américaines. Terminaux sans contact, conversion de devises, frais internationaux — tout sera mis à l’épreuve pendant 39 jours.
Pour un supporter français qui fait le déplacement à Miami, la question est simple : est-ce que ma carte passe partout et combien ça va me coûter en frais cachés ? Visa et Bank of America ont intérêt à ce que la réponse soit rassurante.
