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Las Vegas écarté de la Coupe du monde 2026 : quand un stade à 2 milliards rate sa cible

Las Vegas semblait avoir tous les atouts pour accueillir la Coupe du monde 2026. La ville du Nevada dispose d’infrastructures modernes, d’une capacité hôtelière immense et d’un stade flambant neuf. Pourtant, aucun match du Mondial ne se jouera à l’Allegiant Stadium l’été prochain. Pire encore, la ville vient également de perdre l’organisation du tirage au sort au profit de Washington. Retour sur un double échec qui interroge.

Un stade trop étroit pour les standards FIFA

L’Allegiant Stadium incarne le paradoxe de Las Vegas. Inauguré en 2020 pour la somme colossale de 2 milliards de dollars, ce stade ultramoderne de 65 000 places accueille les Raiders de la NFL et multiplie les événements majeurs. Concerts, combats UFC, Grand Prix de Formule 1… la ville du jeu s’est imposée comme un hub incontournable du divertissement sportif américain.

Le problème ? La largeur de la pelouse ne répond pas aux exigences de la FIFA. Les terrains de football américain mesurent environ 49 mètres de large, alors qu’un terrain de football homologué par l’instance internationale nécessite entre 64 et 75 mètres. Si d’autres stades NFL parviennent à élargir temporairement leur surface de jeu, l’Allegiant Stadium présente une configuration structurelle qui rend cette adaptation quasi impossible.

La pelouse rétractable et l’architecture même des gradins empêchent tout ajustement simple. Pour accueillir un match de la Coupe du monde, il aurait fallu fermer le stade pendant plusieurs mois et engager des travaux pharaoniques. Une perspective inacceptable pour une enceinte qui génère des revenus constants grâce à un calendrier événementiel chargé.

100 millions de dollars sans garantie

En 2018, Steve Hill, président de l’Autorité des Conventions et Visiteurs de Las Vegas, avait chiffré le coût total de l’opération à au moins 100 millions de dollars. Au-delà des travaux d’infrastructure, se posait une question juridique cruciale : qui signerait les contrats avec la FIFA ?

« L’une des questions que nous nous sommes posées était de savoir qui signerait réellement ces contrats », expliquait Hill à l’époque. « Il n’existe vraiment aucune organisation capable de le faire. L’Autorité du Stade aurait pu l’envisager, mais nous n’avons pas la capacité financière de garantir cette signature, ce qui était une exigence justifiée pour rester dans le processus. »

L’ironie de la situation ? Accueillir des matchs du Mondial figurait parmi les arguments de vente lors de la construction du stade en 2015. Un objectif manqué qui soulève des questions sur la planification initiale du projet. Comment un équipement aussi récent et coûteux a-t-il pu négliger un critère aussi fondamental ?

Le tirage au sort échappe également à Sin City

Pour adoucir la déception, Las Vegas devait au moins organiser le tirage au sort de la Coupe du monde 2026, prévu le 5 décembre prochain. Plusieurs sources avaient confirmé en août que l’événement se déroulerait dans la capitale du divertissement.

C’était sans compter l’intervention du président Donald Trump. Quelques semaines seulement après ces annonces, la FIFA annonçait que le Kennedy Center de Washington D.C. accueillerait finalement la cérémonie. Un choix politique qui prive Las Vegas d’une vitrine médiatique mondiale et d’importantes retombées économiques.

Le Kennedy Center recevra 7,4 millions de dollars pour l’organisation de cet événement, dont 2,4 millions directement versés par la FIFA et le reste provenant de partenariats commerciaux. Une manne financière qui aurait pu profiter à l’économie locale du Nevada.

Seize villes américaines, canadiennes et mexicaines au rendez-vous

Pendant que Las Vegas reste sur la touche, seize métropoles nord-américaines se préparent à accueillir le plus grand Mondial de l’histoire. Aux États-Unis, des stades comme le MetLife Stadium du New Jersey (82 500 places), qui accueillera la finale le 19 juillet 2026, ou l’AT&T Stadium de Dallas (94 000 places) répondent aux critères FIFA.

Le Canada propose Toronto et Vancouver, tandis que le Mexique alignera trois sites mythiques dont l’Estadio Azteca de Mexico, temple du football qui a déjà accueilli deux finales de Coupe du monde. La phase de groupes débutera le 11 juin pour s’achever le 27 du même mois, avant que le tableau final ne se dessine jusqu’à l’apothéose de juillet.

Cette édition 2026 marquera un tournant avec 48 équipes participantes au lieu de 32. Un format élargi qui aurait pu offrir une place à Las Vegas si ses infrastructures avaient été pensées différemment dès l’origine. L’histoire retiendra qu’un stade à 2 milliards n’a pas su anticiper l’essentiel : les dimensions d’un terrain de football.

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