À quelques jours du tirage au sort historique du 5 décembre 2025 à Washington, la FIFA dévoile l’architecture d’un Mondial XXL qui chamboulera toutes les conventions. Avec 104 matchs répartis sur 39 jours et 48 nations en lice, cette 23ᵉ édition transforme radicalement la compétition reine du football. Du mythique stade Azteca au gigantesque MetLife Stadium, voici tout ce qu’il faut savoir sur un événement qui promet de marquer l’histoire.
Un tirage au sort sous haute tension dans la capitale américaine
Le Kennedy Center de Washington s’apprête à accueillir l’un des moments les plus attendus de l’année footballistique. Ce 5 décembre 2025 à 18h heure française, les 42 sélections déjà qualifiées découvriront leurs adversaires du premier tour. Une cérémonie qui marquera le lancement officiel de cette compétition hors normes, retransmise en direct sur M6 pour le public français.
Mais attention, le suspense ne s’arrêtera pas là. Six places restent encore à attribuer via les barrages intercontinentaux et européens prévus en mars 2026. La République démocratique du Congo, l’Irak, la Bolivie, le Suriname, la Jamaïque et la Nouvelle-Calédonie se disputeront deux tickets lors du tournoi de barrage organisé au Mexique. De leur côté, seize nations européennes dont l’Italie, la Pologne et la Suède s’affronteront pour décrocher les quatre derniers sésames européens.
La FIFA a prévu un dispositif inédit pour garantir l’équilibre compétitif. L’Espagne et l’Argentine, respectivement première et deuxième au classement mondial, seront automatiquement placées dans des tableaux opposés. Même principe pour la France et l’Angleterre, troisième et quatrième nations au ranking FIFA. Cette mécanique astucieuse pourrait empêcher une confrontation entre ces géants avant la finale du 19 juillet 2026.
Le calendrier détaillé avec les horaires et les stades précis sera dévoilé dès le 6 décembre, permettant aux supporters de planifier leur odyssée nord-américaine.
L’Estadio Azteca ouvre les hostilités pour la troisième fois de son histoire
Quelle meilleure enceinte que le légendaire stade Azteca de Mexico pour lancer les festivités ? Le 11 juin 2026, cette cathédrale du football accueillera son troisième match d’ouverture de Coupe du monde, après 1970 et 1986. Un record absolu qui inscrit définitivement ce monument dans le panthéon footballistique.
Le Mexique donnera donc le coup d’envoi face à un adversaire encore inconnu, dans une atmosphère qui s’annonce électrique. Avec une capacité de 83 000 spectateurs, l’Azteca offrira un écrin parfait pour inaugurer cette édition révolutionnaire. Les aficionados mexicains peuvent d’ores et déjà imaginer les scènes de liesse qui accompagneront ce moment historique.
La même journée, l’Estadio Akron de Zapopan accueillera également un match du groupe A, doublant la mise pour les supporters mexicains. Une entrée en matière qui promet d’être mémorable pour le pays organisateur, même si le gros de la compétition se déroulera aux États-Unis.
Car la répartition géographique révèle un déséquilibre assumé : sur les 104 rencontres, 78 se joueront sur le sol américain, contre seulement 13 au Canada et 13 au Mexique. Les villes américaines captent naturellement l’essentiel du dispositif, avec des infrastructures sportives parmi les plus modernes de la planète.
Douze groupes de quatre, un format inédit qui multiplie les enjeux
Oubliez les traditionnels huit groupes de quatre équipes. La FIFA a complètement redessiné l’architecture du premier tour avec une formule à 12 poules de quatre nations. Chaque sélection affrontera donc trois adversaires lors de la phase de groupes, qui s’étalera du 11 au 27 juin 2026.
Mais la véritable innovation réside dans le mode de qualification pour les phases finales. Les deux premiers de chaque groupe valideront automatiquement leur billet, soit 24 équipes. À cela s’ajouteront les huit meilleurs troisièmes, complétant ainsi le tableau des seizièmes de finale à 32 formations. Une mécanique qui garantit un minimum de trois matchs à chaque participant et évite les scénarios catastrophes d’élimination précoce.
Cette formule promet des calculs savants lors de la dernière journée. Comment se positionnent les meilleurs troisièmes ? Quelle différence de buts faut-il atteindre ? Les stratèges et les sélectionneurs vont devoir jongler avec les combinaisons mathématiques pour optimiser leurs chances de qualification.
Les groupes seront constitués selon quatre chapeaux basés sur le classement FIFA du 19 novembre 2025. Le chapeau 1 rassemble les trois nations hôtes (Canada, Mexique, États-Unis) ainsi que les neuf meilleures sélections mondiales : Espagne, Argentine, France, Angleterre, Brésil, Portugal, Pays-Bas, Belgique et Allemagne. Le chapeau 2 inclut notamment le Maroc, la Croatie et le Japon. Les chapeau 3 et 4 seront complétés après les barrages de mars, avec les derniers qualifiés automatiquement placés dans le dernier pot.
Une règle stricte s’applique : maximum deux équipes européennes par groupe, tandis que les pays de la CONCACAF et de la CONMEBOL ne pourront pas se retrouver avec leurs compatriotes continentaux.
Seize villes hôtes pour un périple continental XXL
De Vancouver sur la côte Pacifique à Miami sur l’Atlantique, les supporters vont devoir parcourir des distances considérables. La FIFA a divisé le territoire en trois zones géographiques pour rationaliser les déplacements.
La zone Ouest comprend quatre métropoles du Pacifique : Vancouver, Seattle, San Francisco (via le Levi’s Stadium de Santa Clara) et Los Angeles (avec le spectaculaire SoFi Stadium d’Inglewood). Ces enceintes ultramodernes offrent des capacités impressionnantes, le SoFi Stadium pouvant accueillir jusqu’à 70 000 spectateurs.
La zone centrale mélange tradition mexicaine et gigantisme texan. Guadalajara, Mexico et Monterrey côtoient Houston, Dallas et Kansas City. L’AT&T Stadium d’Arlington, près de Dallas, affiche une capacité record de 94 000 places après agrandissement temporaire. Ce mastodonte accueillera notamment une demi-finale le 14 juillet, promettant une ambiance digne des plus grandes finales de NFL.
La zone Est concentre les métropoles majeures de la côte atlantique : Atlanta, Miami, Toronto, Boston, Philadelphie et New York/New Jersey. Cette dernière ville bénéficie d’un statut particulier puisque le MetLife Stadium d’East Rutherford recevra la finale du 19 juillet 2026. Avec ses 82 500 sièges, ce stade des Giants et des Jets couronnera le nouveau champion du monde.
Plusieurs enceintes ont entrepris d’importants travaux. Le BMO Field de Toronto va gagner 17 000 places supplémentaires pour satisfaire les exigences de la FIFA. Le Gillette Stadium de Foxborough, fief des Patriots, se refait une beauté. Quatre stades disposent de toits rétractables garantissant des conditions optimales quelle que soit la météo.
Vous vous demandez comment circuler entre ces mégalopoles ? Les autorités prévoient des liaisons de transport en commun renforcées, notamment une voie réservée aux bus depuis le New Jersey vers le MetLife Stadium. Les connexions aéroportuaires ont été revues, et des navettes spéciales Coupe du monde fonctionneront durant toute la compétition.
De la phase de groupes à la finale, un marathon de 39 jours
La phase de groupes s’étendra sur 17 jours intenses, du 11 au 27 juin. Avec 72 rencontres programmées, les journées seront rythmées par des horaires échelonnés : coups d’envoi à 15h, 18h et 21h heure locale sur la côte Est. Cette organisation permet de maximiser l’audience mondiale tout en respectant les contraintes des fuseaux horaires nord-américains.
Les derniers matchs de chaque groupe se joueront simultanément, exactement comme lors des éditions précédentes, pour garantir l’équité sportive et éviter toute manipulation des résultats.
Dès le 28 juin, place aux seizièmes de finale, une phase inédite dans l’histoire de la Coupe du monde. Pendant six jours, jusqu’au 3 juillet, les 32 qualifiés s’affronteront dans huit stades répartis sur l’ensemble du territoire. L’Azteca continuera d’accueillir des rencontres, tout comme les enceintes canadiennes de Toronto et Vancouver.
Les huitièmes de finale se dérouleront du 4 au 7 juillet dans huit stades, avant que la compétition ne bascule exclusivement vers les États-Unis. À partir des quarts de finale, programmés du 9 au 11 juillet, seules les arènes américaines resteront en lice. Le Gillette Stadium de Foxborough, le SoFi Stadium d’Inglewood, le Hard Rock Stadium de Miami Gardens et l’Arrowhead Stadium de Kansas City accueilleront ces affiches prestigieuses.
Les deux demi-finales se joueront les 14 et 15 juillet. L’AT&T Stadium et le Mercedes-Benz Stadium d’Atlanta vibreront au rythme des quatre derniers prétendants au titre mondial. Le match pour la troisième place est programmé le 18 juillet à Miami, avant l’apothéose du 19 juillet à New York/New Jersey.
Le champion disputera au total huit matchs pour soulever le trophée, contre sept lors des éditions à 32 équipes. Un effort supplémentaire qui justifie l’élargissement du format et multiplie les opportunités de voir du très haut niveau.
Des « groupes de la mort » déjà redoutés avant le tirage
Même avec 12 groupes au lieu de huit, la perspective de tombés infernaux fait déjà frémir. Imaginez une poule rassemblant l’Argentine, le Japon, l’Algérie et l’Italie si la Squadra Azzurra parvient à se qualifier via les barrages européens en mars. Trois équipes de très haut niveau pour deux places garanties et une incertitude totale sur le repêchage en tant que meilleur troisième.
L’édition 2014 au Brésil avait offert un groupe hallucinant avec l’Uruguay, l’Italie et l’Angleterre. Les Anglais en gardent encore un souvenir amer, éliminés dès le premier tour. Ce genre de configuration pourrait se reproduire, d’autant que les chapeaux 2, 3 et 4 regorgent de formations capables de créer la surprise.
La constitution des groupes obéit à des règles strictes de séparation continentale, mais rien n’empêche des mariages explosifs. Une équipe africaine du chapeau 2 comme le Maroc ou le Sénégal pourrait hériter d’un géant européen du chapeau 1, d’une nation sud-américaine du chapeau 3 et d’une sélection asiatique coriace du chapeau 4.
Les supporters peuvent d’ailleurs s’amuser avec les simulateurs de tirage au sort disponibles en ligne, histoire d’anticiper les scénarios possibles et de commencer à rêver. Ou à trembler, selon les résultats.
Les Bleus dans le chapeau 1, un statut de favori à confirmer
La France, qualifiée après sa victoire 4-0 contre l’Ukraine le 13 novembre 2025, figure parmi les têtes de série. Ce statut offre un avantage théorique non négligeable : éviter les grosses cylindrées du premier chapeau et bénéficier d’un tirage potentiellement plus favorable.
Troisième au classement FIFA derrière l’Espagne et l’Argentine, l’équipe de France sera automatiquement placée dans un tableau opposé à celui de l’Angleterre. Si les deux nations terminent en tête de leur groupe respectif, elles ne pourront donc pas se croiser avant la finale du MetLife Stadium. Une perspective alléchante pour les vice-champions du monde en titre, qui rêvent de décrocher une troisième étoile après 1998 et 2018.
Mais attention, le statut de tête de série ne garantit rien. Encore faut-il dominer son groupe et éviter les écueils d’une phase à élimination directe qui ne pardonne aucune erreur. Les Bleus devront composer avec leurs trois adversaires du premier tour, dont les noms seront connus le 5 décembre.
La Belgique, les Pays-Bas, l’Allemagne, le Portugal et le Brésil partagent également le chapeau 1. Toutes ces nations nourrissent de légitimes ambitions et pourraient bien chambouler la hiérarchie établie.
Un impact économique et logistique colossal
Organiser 104 matchs dans 16 villes réparties sur trois pays représente un défi titanesque. Les estimations parlent de plusieurs milliards de dollars d’investissements en infrastructures, en sécurité et en communication. Les retombées économiques dépasseront largement ces dépenses, avec des millions de supporters attendus sur place et des audiences télévisuelles mondiales record.
Pour les supporters français qui envisagent le voyage, mieux vaut anticiper les formalités administratives. L’ESTA (autorisation électronique de voyage) est obligatoire pour entrer aux États-Unis, tandis que le Canada exige une eTA. Pour le Mexique, un simple passeport et une carte touristique remplie à l’arrivée suffisent.
Côté billetterie, la FIFA organisera plusieurs vagues de vente sur son site officiel. Une formule « Follow-Your-Team » permettra d’acheter à l’avance des places pour la finale, au cas où votre équipe favorite se qualifierait. Une option prisée qui sera certainement prise d’assaut dès son ouverture.
Les droits de diffusion pour la France n’ont pas encore été officiellement attribués pour l’ensemble de la compétition, mais les matchs des Bleus, l’ouverture, les demi-finales et la finale seront obligatoirement accessibles en clair conformément à la réglementation européenne.
Vers un nouveau record d’audience mondiale
Avec 48 nations représentées et des matchs programmés sur l’ensemble de la journée pour couvrir tous les fuseaux horaires, cette Coupe du monde pourrait pulvériser les records d’audience. La finale de 2022 au Qatar entre l’Argentine et la France avait déjà rassemblé près de 1,5 milliard de téléspectateurs dans le monde.
L’édition 2026 promet de faire encore mieux grâce à l’élargissement du format et à la présence de nouvelles nations comme la Jordanie et l’Ouzbékistan, qualifiées pour la première fois de leur histoire. Ces sélections émergentes apporteront des millions de supporters supplémentaires devant les écrans.
Les horaires ont été pensés pour maximiser l’exposition mondiale. Les matchs de la côte Est américaine commenceront en fin d’après-midi pour convenir aux Européens, tandis que ceux de la côte Ouest permettront aux audiences asiatiques de suivre les rencontres en matinée.
Rendez-vous donc le 5 décembre pour découvrir les groupes, puis le 11 juin 2026 à Mexico pour le lancement de ce qui s’annonce comme la Coupe du monde la plus spectaculaire de tous les temps. Le football mondial n’a jamais été aussi universel, aussi imprévisible, aussi fascinant.


