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Ces 64 équipes qui peuvent encore rêver de soulever le trophée en 2026 : qui a vraiment ses chances ?

La liste se réduit. Entre les nations déjà qualifiées et celles qui vont devoir batailler lors des barrages de mars, 64 sélections peuvent encore prétendre participer à la Coupe du monde 2026. Mais combien ont réellement les armes pour aller au bout ? Décryptage d’un classement qui mélange talent brut et performances récentes, où les surprises sont nombreuses.

De 209 à 64 : la grande réduction des prétendants

Quand les éliminatoires ont débuté en septembre 2023, on comptait 209 équipes inscrites. Aujourd’hui, il n’en reste que 64 qui peuvent encore rêver d’Amérique du Nord. Parmi elles, 42 ont déjà validé leur billet, tandis que 22 vont se disputer les six dernières places disponibles lors des barrages intercontinentaux de mars 2026.

Pour établir ce classement, deux critères principaux ont été retenus : la valeur marchande moyenne des joueurs selon les estimations de Transfermarkt, et le système de classement Elo, qui prend en compte les résultats récents, la qualité des adversaires et le lieu des rencontres. Un mélange qui permet de voir quelles nations ont vraiment les moyens de leurs ambitions.

Et les conclusions sont parfois surprenantes. Certaines équipes disposent d’un effectif en or mais peinent à transformer ce potentiel en résultats concrets. D’autres, au contraire, excellent malgré un vivier de talents plus modeste. Le football reste décidément imprévisible.

Le peloton de queue : quand la valeur marchande frôle le zéro

En bas du classement, on trouve des sélections pour lesquelles la simple participation serait déjà une victoire. La Nouvelle-Calédonie occupe la dernière place avec une particularité étonnante : aucun de ses joueurs n’a de valeur estimée sur Transfermarkt. Zéro. Le site spécialisé a pourtant pris le temps d’évaluer un défenseur central de 28 ans évoluant au Bhutan Premier League, mais les Calédoniens ? Pas assez médiatiques, visiblement.

Juste au-dessus, on retrouve Suriname, Curaçao et un Qatar déjà qualifié mais qui traîne la lanterne parmi les 42 nations assurées de leur présence. Les champions d’Asie affichent à la fois la plus faible valeur marchande et le plus faible classement Elo parmi les qualifiés. Leur bilan lors des douze derniers matchs de qualification ? Un différentiel de buts négatif. Pas vraiment rassurant pour l’été prochain.

L’Ouzbékistan, l’invité surprise de cette édition

Qui aurait parié sur l’Ouzbékistan dans le haut du tableau ? Pourtant, les statistiques parlent d’elles-mêmes : sur les deux dernières années, cette sélection n’a perdu que deux matchs. Le premier contre le Qatar (qu’ils ont ensuite battu 3-0), le second contre l’Uruguay en amical le mois dernier.

Encore plus impressionnant : ils ont affronté l’Iran six fois en deux ans. Résultat ? Cinq matchs nuls et une victoire. Pas mal pour une nation qui ne fait jamais la une des journaux sportifs. Leur recette ? Un mélange classique du football international : une star en défense (Abdukodir Khusanov de Manchester City), un attaquant de renom (Eldor Shomurodov de la Roma, prêté en Turquie) et un technicien italien sur le banc, Fabio Cannavaro.

Avec seulement sept buts encaissés lors des qualifications asiatiques (à égalité avec la Corée du Sud pour la meilleure défense), les Ouzbeks ont prouvé qu’ils savaient verrouiller les rencontres. De quoi mériter le respect.

L’Angleterre de Tuchel : un début de règne immaculé

En tête du classement, on trouve sans surprise l’Angleterre, qui a réalisé un parcours qualificatif quasiment parfait. Thomas Tuchel, arrivé en début d’année 2025 après l’Euro perdu en finale contre l’Espagne, a signé un sans-faute : six victoires en six matchs, 22 buts marqués, zéro encaissé.

Les Three Lions ont dominé leur groupe avec une autorité qui impressionne, même si la faible opposition rencontrée relativise quelque peu ces résultats. Mais les chiffres sont là : moins de cinq tirs concédés par match en moyenne, une qualité de tir adverse ridiculement basse (0,05 xG par tentative), et un pressing parmi les plus agressifs d’Europe, digne des meilleures équipes germaniques.

Avec Harry Kane, Jude Bellingham, Bukayo Saka, Cole Palmer ou encore Phil Foden, l’Angleterre peut aligner une attaque de rêve. Mais c’est peut-être en défense que Tuchel a réalisé son meilleur travail : 88% de possession dans le dernier tiers adverse, un jeu basé sur les passes entre les lignes plutôt que sur les centres, et une organisation défensive de fer. Si ce niveau se confirme face à des adversaires plus coriaces l’été prochain, personne ne voudra croiser les Anglais.

La Norvège d’Haaland : vingt-huit ans d’attente, enfin terminés

L’autre grande histoire de ces éliminatoires, c’est bien sûr la qualification historique de la Norvège. Absente des Coupes du monde depuis 1998, la sélection scandinave a réalisé un parcours parfait : huit victoires en huit matchs, 37 buts inscrits, et une victoire retentissante à San Siro contre l’Italie (4-1) qui a scellé leur qualification.

Derrière cette épopée, un homme : Erling Haaland. Avec 16 buts en huit rencontres de qualification, le buteur de Manchester City a égalé le record de Robert Lewandowski établi lors des éliminatoires européens de 2018. Et en deux matches de moins. Un rendement hallucinant qui lui permet d’afficher désormais 55 réalisations en 48 sélections. À 25 ans, il n’a même pas encore atteint son pic de performance.

Mais réduire la Norvège à Haaland serait une erreur. Martin Ødegaard, le capitaine et maestro d’Arsenal, a été déterminant avec sept passes décisives lors des qualifications. L’entente entre les deux stars est redoutable : Ødegaard distribue le jeu avec une précision chirurgicale, Haaland conclut avec une efficacité terrifiante. Un duo qui fait trembler n’importe quelle défense.

Autour d’eux, le sélectionneur Ståle Solbakken a construit un collectif solide. Alexander Sørloth de l’Atlético Madrid apporte une présence physique en attaque, Antonio Nusa du RB Leipzig et Jørgen Strand Larsen de Wolverhampton complètent un secteur offensif impressionnant. Avec une moyenne d’âge de 25,8 ans et seulement cinq buts encaissés en huit matchs, la Norvège ne sera pas là juste pour faire de la figuration.

L’Argentine et les Sud-Américains : toujours plus forts que leur valeur

Parmi les enseignements de ce classement, un constat saute aux yeux : les sélections sud-américaines font systématiquement mieux que ce que leur valeur marchande suggère. Six équipes de la CONMEBOL sur sept affichent un classement Elo supérieur à leur classement basé sur la valeur des effectifs.

L’Argentine, championne du monde en titre, en est le parfait exemple. Malgré un effectif vieillissant où Lionel Messi et d’autres stars dépassent la trentaine (ce qui réduit mécaniquement leur valeur marchande), l’Albiceleste reste une machine de guerre collective. Même constat pour la Colombie, où James Rodríguez ne vaut plus grand-chose sur le marché des transferts mais continue d’être déterminant sur le terrain.

L’Équateur illustre un autre phénomène : une équipe bâtie sur des défenseurs et des milieux défensifs, profils souvent sous-évalués par les plateformes de transfert, mais qui font toute la différence dans le jeu international.

La seule exception ? Le Brésil, qui possède le quatrième effectif le plus cher au monde mais se classe seulement septième au classement Elo. Un paradoxe qui traduit les difficultés de la Seleção ces dernières années.

L’Italie : l’ogre européen qui ne fait plus peur

Comment en est-on arrivé là ? L’Italie, championne d’Europe en 2020, se retrouve contrainte de passer par les barrages pour la troisième fois consécutive. Après avoir raté le Mondial 2018 et celui de 2022, la Nazionale a vu la Norvège lui passer devant dans le groupe I.

Le problème italien est pourtant simple à identifier : un manque cruel de créativité offensive. La défense reste solide avec des joueurs aguerris évoluant dans les plus grands clubs européens. Le milieu de terrain regorge de profils complets et travailleurs. Mais devant ? Ni Moise Kean ni Mateo Retegui ne peuvent créer le danger en partant de zéro.

Federico Chiesa, qui avait brillé lors de l’Euro 2020, n’a jamais retrouvé son meilleur niveau après ses blessures. Lorenzo Insigne et Domenico Berardi sont sur le déclin. Résultat : malgré un vivier de talents indéniable, la Squadra Azzurra se retrouve 18e au classement Elo, bien loin de son standing habituel.

Pour Gennaro Gattuso, le nouveau sélectionneur qui n’avait jamais perdu en cinq rencontres, la gifle reçue à Milan contre la Norvège (1-4) a été un électrochoc. Il faudra gagner deux matchs en mars pour éviter un troisième Mondial manqué d’affilée. Impensable.

Le Ghana et le Qatar : quand le talent ne suffit pas

Parlons d’un paradoxe absolument fascinant : le Ghana. Les Black Stars affichent une valeur marchande quinze fois supérieure à celle du Qatar dans le classement Elo. Pourtant, ils se classent juste devant les Qatariens. Mieux : les Ghanéens ont réussi à se qualifier pour le Mondial 2026… mais ont échoué à se qualifier pour la Coupe d’Afrique des Nations 2025.

Comment expliquer une telle incohérence ? L’effectif ghanéen compte pourtant des joueurs de très haut niveau : Antoine Semenyo de Bournemouth, Mohammed Kudus de Tottenham, et quasiment un onze de départ complet évoluant dans les cinq grands championnats européens. Le problème viendrait-il justement de là ? Tous ces joueurs doivent prendre l’avion pour rejoindre la sélection, contrairement à la plupart de leurs adversaires africains qui ont des effectifs plus locaux.

C’est actuellement l’écart le plus important entre potentiel théorique et résultats concrets parmi toutes les nations qualifiées. De quoi alimenter les débats pendant des mois.

La Croatie : Modrić et Perišić refusent de raccrocher

Il y a des images qui défient la logique. Voir Ivan Perišić et Luka Modrić, 76 ans à deux, toujours titulaires avec la Croatie en fait partie. Ces deux-là étaient déjà sur le déclin lors de la finale du Mondial 2018… et sept ans plus tard, ils sont toujours là.

Modrić, à 40 ans, réalise même une saison exceptionnelle avec l’AC Milan. Selon les analyses de Gradient Sports, le Croate obtient une note de 99,5 sur 100 en tant que passeur, un chiffre stratosphérique qui le place loin devant tous les autres milieux de Serie A. Mais il ne se contente pas de distribuer le jeu : il figure également dans le top 25 des milieux centraux pour son travail défensif.

Malgré l’émergence de Joško Gvardiol comme star à Manchester City, les Croates n’ont pas vraiment réussi à faire grandir une nouvelle génération. Alors pourquoi changer une formule qui marche ? Le football international, moins exigeant physiquement que le jeu en club, permet à ces légendes de continuer à briller. Et tant que Modrić maintient ce niveau, pourquoi s’en priver ?

États-Unis : hôtes et favoris malgré eux

Qualifiés d’office en tant que pays organisateurs avec le Canada et le Mexique, les États-Unis se retrouvent dans une position inhabituelle. Avec la nomination de Mauricio Pochettino sur le banc, les attentes ont grimpé d’un cran.

L’effectif américain a gagné en profondeur, même si le niveau technique reste un cran en dessous des grandes nations européennes ou sud-américaines. Mais jouer à domicile, avec le soutien d’un public qui découvre de plus en plus le football, pourrait être un avantage de taille.

Le classement les place 35e, ce qui reflète bien leur statut d’équipe en progression mais pas encore au niveau des cadors. L’avantage du terrain et l’absence de pression liée aux qualifications pourraient toutefois faire la différence.

Et les favoris dans tout ça ?

Derrière l’Angleterre au sommet, on retrouve la France et l’Espagne, championne d’Europe en titre. Les Bleus de Didier Deschamps ont validé leur qualification sans trembler, confirmant leur statut de sélection la plus régulière au monde depuis dix ans.

L’Allemagne de Julian Nagelsmann a connu un début difficile (défaite 2-0 contre la Slovaquie) avant de se reprendre avec autorité, notamment lors d’une victoire 6-0 au match retour. Le Portugal de Cristiano Ronaldo sera également de la partie, même si le quintuple Ballon d’Or aura 41 ans l’été prochain.

Le Brésil, malgré ses difficultés récentes, reste une nation que personne ne veut affronter. L’Argentine défendra son titre avec un Messi probablement pour sa dernière danse sur la scène mondiale.

Mars 2026 : les dernières places en jeu

Les 22 nations encore en lice vont se disputer six places lors des barrages intercontinentaux de mars 2026. Parmi les candidats européens, on retrouve notamment la Turquie, la Suède, l’Irlande, la Pologne ou encore l’Ukraine.

En Afrique, le Gabon, la RD Congo, le Cameroun et le Nigeria vont s’affronter lors d’un mini-tournoi dont le vainqueur disputera un barrage intercontinental. Du côté de l’Océanie, la Nouvelle-Calédonie a sa carte à jouer pour créer l’une des plus grandes sensations de l’histoire de la Coupe du monde.

Une chose est sûre : avec 48 équipes au total pour cette édition 2026, le spectacle promet d’être au rendez-vous. Et comme le prouve ce classement, les surprises viendront peut-être de là où on ne les attend pas.

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