Chaque édition de la Coupe du monde se distingue par ses absents remarquables, et le Mondial 2026 ne fait pas exception. Avec 42 nations déjà qualifiées sur les 48 participantes, plusieurs sélections prestigieuses ont raté le coche des éliminatoires continentales. Entre nations autrefois glorieuses et équipes habituées des grandes compétitions, le manque se fera sentir sur les pelouses nord-américaines. Certaines peuvent encore espérer via les barrages de l’UEFA, mais d’autres ont définitivement raté ce rendez-vous planétaire.
L’Italie au bord du gouffre historique
L’absence potentielle de l’Italie constituerait un séisme dans le football mondial. Quadruple championne du monde (1934, 1938, 1982 et 2006), la Squadra Azzurra n’a pas participé au premier Mondial de 1930 mais s’est ensuite imposée comme une puissance incontournable. Déjà absente en 2018 et 2022, elle risque de manquer une troisième édition consécutive si elle échoue lors des barrages UEFA. Une catastrophe sportive pour un pays où le football représente bien plus qu’un simple sport.
Les Transalpins doivent impérativement se ressaisir lors des barrages pour éviter cette humiliation. Comment expliquer une telle déroute pour une nation qui a dominé le football européen pendant des décennies ? Les problèmes structurels du championnat italien, le vieillissement du vivier de talents et les choix tactiques discutables expliquent partiellement cette descente aux enfers.
La Pologne et son trio offensif manqué
Présente lors des deux dernières éditions, la Pologne totalise neuf participations mondialistes et s’est hissée sur le podium à deux reprises : troisième en Allemagne 1974 et en Espagne 1982. Les Aigles blancs conservent une chance via les barrages UEFA, mais leur élimination directe témoigne d’un déclin préoccupant. Robert Lewandowski, l’un des meilleurs attaquants de sa génération, pourrait bien terminer sa carrière internationale sans avoir brillé dans une phase finale de Coupe du monde.
Le Danemark privé de rachat
Le Danemark a découvert les Mondiaux au Mexique en 1986, deux ans après avoir terminé troisième de l’Euro. Sa meilleure performance remonte à France 1998 avec une qualification en quarts de finale. Michael Laudrup reste la légende historique, tandis que Christian Eriksen incarne le référent actuel après avoir survécu miraculeusement à un arrêt cardiaque lors de l’Euro 2020. Le gardien Peter Schmeichel complète ce panthéon danois. Les Vikings scandinaves espèrent encore décrocher leur billet via les barrages.
La Suède et ses buteurs mythiques
Zlatan Ibrahimovic vient immédiatement à l’esprit lorsqu’on évoque la Suède moderne, avant lui Henrik Larsson brillait sur les terrains européens. Aujourd’hui, Viktor Gyökeres et Alexander Isak portent l’étendard bleu et jaune. Absente au Qatar 2022, la Suède avait affronté le Mexique en Russie 2018 avant d’atteindre les quarts de finale. Ses meilleures participations datent de Suède 1958 (finaliste à domicile), du Brésil 1950 et des États-Unis 1994 où elle a décroché la troisième place à deux reprises.
La Tchéquie héritière d’un glorieux passé
La République tchèque, aujourd’hui également appelée simplement Tchéquie, puise ses racines dans la Tchécoslovaquie, finaliste en Italie 1934 et au Chili 1962. Sous son nom politique actuel, elle n’a participé qu’à l’édition allemande de 2006, éliminée dès la phase de groupes. Cette absence prolongée pèse lourd pour une nation qui a produit d’excellents footballeurs au fil des décennies.
Les désillusions sud-américaines
Le Chili vit sa troisième absence consécutive, un constat amer pour une sélection qui a atteint la troisième place lors du Mondial 1962 disputé à domicile. Cette disette contraste violemment avec les succès récents : finaliste de la Coupe des Confédérations 2017 et double champion de la Copa América en 2015 et 2016, battant à chaque fois l’Argentine de Lionel Messi. La génération dorée s’est éteinte sans avoir brillé en phase finale mondiale.
Le Nigeria victime du vaudou ?
Le Nigeria n’a pas validé son billet pour le Mondial 2026 après une élimination lors du barrage africain face au Congo, match où les Super Eagles ont accusé leurs adversaires de pratiques vaudou. Habituée des rendez-vous mondiaux depuis les États-Unis 1994, la sélection nigériane impressionnait par sa vélocité et son football débridé. Ses meilleures performances se limitent à trois huitièmes de finale, mais cette deuxième absence consécutive fragilise une nation triple championne de la Coupe d’Afrique des Nations.
Les Lions indomptables n’effraient plus personne
Le Cameroun, autrefois redoutable, semble avoir perdu ses crocs. Depuis les quarts de finale historiques d’Italie 1990, les Lions indomptables ont décliné progressivement. Absents en Russie 2018, éliminés dès la phase de groupes au Qatar 2022, ils manqueront également le rendez-vous 2026. Roger Milla et son célèbre tour de poteau appartiennent à une époque révolue.
Les frustrations centre-américaines
Le Honduras ne compte que trois participations mondialistes et vit une absence de plus de dix ans, la dernière remontant au Brésil 2014 où les Catrachos ont encaissé trois défaites en autant de matches. Pourtant, la nation centraméricaine possède l’un des publics les plus passionnés de la CONCACAF.
Le Costa Rica subit l’échec de Miguel Herrera à sa tête. Cette sélection animatrice de la CONCACAF et adversaire récurrente du Mexique en éliminatoires, notamment lors du mémorable Aztecazo de 2001 avant la Corée/Japon 2002, avait réalisé son meilleur parcours au Brésil 2014 en atteignant les quarts de finale. Cette absence prive le tournoi d’une équipe capable de surprendre les favoris.
La Serbie et son football courageux
Bien que son palmarès mondial reste modeste, la Serbie se distingue par son style offensif audacieux qui complique la vie des grandes nations. Qualifiée lors de trois des quatre dernières éditions, son histoire s’étend au-delà de son actualité : elle a concouru en tant que Yougoslavie puis comme Serbie-et-Monténégro. Cette polyvalence historique rend son absence d’autant plus remarquable.
Le Mondial 2026 se jouera donc sans plusieurs habitués qui manqueront cruellement au spectacle. Certaines nations disposent encore d’une porte de sortie via les barrages européens, mais pour les autres, l’attente durera au minimum quatre années supplémentaires. Une éternité dans le football moderne.


