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Cristiano Ronaldo échappera finalement à une sanction sévère avant le Mondial 2026

L’attaquant portugais, expulsé pour la toute première fois de sa carrière internationale, pourra disputer l’intégralité de la phase de groupes du Mondial 2026. La FIFA vient de confirmer une sanction bien plus clémente que redoutée : un seul match ferme, déjà purgé, et deux autres avec sursis. À 40 ans, la légende lusitanienne conserve intact son rêve d’ajouter le seul grand trophée manquant à son palmarès.

Un verdict qui fait souffler le Portugal

Mardi, la commission disciplinaire de la FIFA a tranché dans le dossier Ronaldo. Le quintuple Ballon d’Or écope finalement d’une suspension de trois matchs, dont deux avec sursis valables pendant un an. Autrement dit, l’ancien buteur du Real Madrid et de Manchester United, aujourd’hui à Al-Nassr en Arabie saoudite, ne ratera qu’une seule rencontre effective en sélection. Match qu’il a déjà honoré, puisqu’il était absent lors de la large victoire portugaise contre l’Arménie (9-1), disputée trois jours après son expulsion à Dublin. Cette rencontre avait d’ailleurs permis à la Seleção de valider sa qualification pour sa neuvième phase finale de Coupe du monde, la septième consécutive.

La décision de la FIFA tient compte de plusieurs facteurs. Selon le règlement disciplinaire, un geste violent peut entraîner une suspension allant jusqu’à trois matchs. La fédération portugaise avait plaidé pour une sanction minimale, arguant qu’il s’agissait de la toute première expulsion de Cristiano Ronaldo en 226 sélections avec le Portugal. Un argument qui semble avoir pesé dans la balance. L’instance mondiale a donc opté pour une lecture plus souple du texte, assortissant la sanction d’un sursis d’un an. Si le capitaine portugais venait à commettre une nouvelle infraction de nature similaire durant cette période probatoire, les deux matchs restants seraient automatiquement appliqués lors des prochaines rencontres officielles.

Pour le sélectionneur Roberto Martínez, c’est un immense soulagement. L’entraîneur espagnol, nommé en janvier 2023 pour succéder à Fernando Santos et sous contrat jusqu’en 2026, pourra compter sur sa star dès l’entrée en lice portugaise au Mondial. Ronaldo reste un élément central de son dispositif, comme l’a récemment rappelé le technicien catalan en soulignant les 25 buts marqués par son capitaine en 30 matchs au cours des dernières années. Un ratio qui fait taire bien des critiques, même si certains observateurs portugais s’interrogent sur l’apport global du joueur dans le jeu collectif.

Ce geste malheureux qui aurait pu tout changer

Revenons sur les faits. Le 13 novembre dernier, lors de l’avant-dernière journée des éliminatoires européennes, le Portugal se déplaçait à Dublin avec l’ambition de sceller sa qualification pour le Mondial. Face à une équipe d’Irlande accrochée à son dernier espoir, les hommes de Martínez ont buté sur une défense irlandaise solide et un Troy Parrott en grande forme, auteur d’un doublé (2-0). Mais c’est un tout autre événement qui a éclipsé la rencontre.

À la 60e minute de jeu, alors que son équipe était menée et cherchait à réagir, Cristiano Ronaldo s’est rendu coupable d’un violent coup de coude dans le dos du défenseur irlandais Dara O’Shea. L’arbitre a d’abord sorti un carton jaune, avant de consulter la VAR. Après visionnage des images, la sanction initiale a été transformée en carton rouge direct. Premier carton rouge de toute sa carrière internationale, après 226 sélections et 143 buts inscrits sous le maillot lusitanien. Un record mondial qui fait de lui le meilleur buteur de l’histoire du football international, devant l’Argentin Lionel Messi (115 buts) et l’Iranien Ali Daei (108 buts).

Les images de l’expulsion ont fait le tour du monde. On y voit un Ronaldo quittant la pelouse sous les sifflets du public irlandais, visiblement frustré par la tournure du match. Roberto Martínez avait tenté de défendre son joueur en conférence de presse d’après-match : « La première raison du carton rouge infligé à Cristiano, c’est sa grande passion et sa frustration lorsqu’il ne gagne pas, ce que l’on attend de tous les joueurs ». Des propos qui n’ont pas empêché l’ouverture d’une procédure disciplinaire auprès de la FIFA.

Une dernière Coupe du monde qui reste possible

À 40 ans révolus, Cristiano Ronaldo a clairement annoncé que le Mondial 2026 serait sa sixième et dernière phase finale. « Oui, à coup sûr, j’aurai 41 ans et je pense que ça sera le moment », avait-il lâché quelques jours avant l’incident de Dublin. Le joueur le plus capé de l’histoire du football masculin (avec 226 sélections, devant le Koweïtien Bader Al-Mutawa) sait que son temps est compté. Et la Coupe du monde reste le seul grand trophée manquant à son immense collection. Il a certes remporté l’Euro 2016 contre la France à domicile, ainsi que deux éditions de la Ligue des Nations (2019 et 2025), mais jamais le graal suprême.

Ce Mondial américano-mexicano-canadien représente donc une dernière chance. Le tournoi se disputera du 11 juin au 19 juillet 2026 dans 16 villes réparties entre les États-Unis (11 stades), le Mexique (3 stades) et le Canada (2 stades). Le match d’ouverture aura lieu au mythique stade Azteca de Mexico le 11 juin, tandis que la finale se jouera au MetLife Stadium de New York/New Jersey le 19 juillet. Une compétition qui verra pour la première fois 48 équipes en lice, réparties en 12 groupes de quatre.

Le tirage au sort de la phase de groupes est prévu le 5 décembre prochain à Washington DC, au Centre John F. Kennedy. Les 48 équipes seront divisées en quatre chapeaux selon le classement FIFA. Le Portugal figure dans le premier chapeau aux côtés de poids lourds comme l’Espagne, l’Argentine, la France, l’Angleterre, le Brésil, l’Allemagne, la Belgique et les Pays-Bas, ainsi que les trois pays hôtes (Canada, Mexique, États-Unis). Une position de tête de série qui devrait éviter aux Portugais de tomber sur un géant dès la phase de poules.

Les inquiétudes qui planent toujours autour de Ronaldo

Si la décision de la FIFA apaise les craintes d’une suspension étendue, elle n’efface pas les interrogations croissantes autour de l’apport de Cristiano Ronaldo en sélection. À 40 ans, le joueur d’Al-Nassr ne possède plus la même fluidité de mouvement qu’à ses heures de gloire. Lors du récent quart de finale retour de Ligue des Nations contre le Danemark (5-2 après prolongation), CR7 a certes marqué, mais a aussi manqué plusieurs occasions nettes et raté un penalty en modifiant sa technique habituelle. Certains observateurs y ont vu un aveu de faiblesse.

Les statistiques parlent d’elles-mêmes : contre les Danois, Ronaldo a manqué 5 passes sur 18 tentées et perdu 80 % de ses duels au sol. Son implication défensive s’est certes accrue depuis quelques mois, mais offensivement, son rendement n’a plus rien de comparable à ce qu’il fut. Même s’il continue d’inscrire des buts régulièrement (il affiche 946 réalisations toutes compétitions confondues en carrière et vise les 1000), sa connexion avec ses coéquipiers divise au Portugal.

D’ailleurs, l’obsession du joueur pour atteindre la barre symbolique des 1000 buts en carrière agace une partie du peuple portugais. Beaucoup préféreraient le voir se concentrer sur le collectif plutôt que sur son compteur personnel. Il lui reste 54 buts à marquer pour franchir ce cap, un objectif qu’il a reconnu viser explicitement lors d’une interview accordée à Rio Ferdinand sur sa chaîne YouTube. Cette quête individuelle, couplée à un statut d’intouchable qui pèse parfois sur les choix tactiques de Roberto Martínez, crée des tensions larvées.

Un sélectionneur sous pression

Pour Roberto Martínez, la gestion du cas Ronaldo représente un défi permanent. Nommé en janvier 2023 après avoir dirigé la Belgique durant six ans sans remporter le moindre trophée malgré une « génération dorée », l’Espagnol a hérité d’une mission délicate : accompagner le crépuscule de la légende tout en préparant la transition générationnelle. Son contrat court jusqu’en 2026, soit jusqu’à la fin du prochain Mondial.

Le bilan de Martínez à la tête de la Seleção reste contrasté. Certes, il a remporté la Ligue des Nations 2025 en battant coup sur coup l’Allemagne puis l’Espagne en finale, un deuxième sacre qui lui a permis de sauver sa tête après un Euro 2024 décevant (élimination en quarts de finale contre la France aux tirs au but). Ses choix tactiques font régulièrement débat au Portugal, où une partie de la presse et des supporters réclame davantage d’audace et un jeu plus collectif.

Avec 28 matchs au compteur depuis sa prise de fonction, Martínez affiche 20 victoires, 4 nuls et 4 défaites. Des statistiques honorables, mais qui ne suffisent pas à convaincre tous les observateurs. Le président de la Fédération portugaise de football, Fernando Gomes, lui a fixé un objectif clair : atteindre au minimum les demi-finales des grands tournois. Un cahier des charges ambitieux pour un sélectionneur qui devra naviguer entre les exigences d’une nation habituée au succès et les contraintes d’un effectif en pleine mutation.

Le calendrier serré qui attend le Portugal

Le Portugal connaîtra le 5 décembre prochain ses adversaires de la phase de groupes lors du tirage au sort organisé à Washington. La FIFA a déjà confirmé que les quatre premières équipes au classement mondial (Espagne, Argentine, France et Angleterre) ne pourront pas se rencontrer avant les demi-finales si elles terminent premières de leur groupe. Le Portugal, également placé dans le chapeau 1, bénéficie de la même protection.

Le format de la compétition a été modifié par rapport à ce qui était initialement prévu. Au lieu de 16 groupes de trois équipes, la FIFA a opté pour 12 groupes de quatre, un choix qui permet d’organiser plus de matchs et d’éviter certains problèmes tactiques observés lors des phases finales précédentes. Les deux premiers de chaque groupe se qualifient automatiquement pour les 8es de finale, auxquels s’ajoutent les huit meilleurs troisièmes, portant le total des qualifiés à 32 équipes pour la phase à élimination directe.

Les dernières places disponibles pour le Mondial seront attribuées en mars 2026 via des barrages européens et intercontinentaux. Six équipes supplémentaires viendront donc compléter le tableau après le tirage au sort du 5 décembre. Le calendrier complet des matchs, avec les horaires et l’attribution définitive des stades, sera confirmé le 6 décembre, lendemain du tirage.

Entre légende et crépuscule

Avec cette sanction clémente de la FIFA, Cristiano Ronaldo conserve intacte sa chance de boucler sa carrière internationale en beauté. Mais les défis qui l’attendent restent immenses. À 40 ans, dans une compétition qui se déroulera en plein été nord-américain avec des déplacements parfois considérables entre les différentes villes hôtes, sa capacité à tenir physiquement sur la durée sera scrutée de près.

Le joueur le plus capé et meilleur buteur de l’histoire du football international devra prouver qu’il reste un atout et non un poids pour une sélection portugaise bourrée de talents émergents comme João Neves, Vitinha ou Gonçalo Ramos. Son expérience et son aura demeurent des atouts précieux, surtout dans les moments de tension d’une Coupe du monde. Mais son apport devra être collectif autant qu’individuel.

La sanction disciplinaire aurait pu gâcher cette dernière danse. Elle ne sera finalement qu’une parenthèse dans l’histoire déjà longue entre Ronaldo et le maillot de la Seleção, une histoire qui a débuté en 2003 et qui s’achèvera probablement à l’été 2026, quelque part entre Vancouver et Miami, entre Mexico et New York. Reste à savoir si cette épopée se terminera par le graal tant attendu ou par une nouvelle désillusion dans la quête du seul trophée qui manque encore à l’une des plus grandes légendes du football mondial.

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