À moins de cent jours du coup d’envoi de la Coupe du monde 2026, les sélections nationales bouclent leurs préparatifs logistiques. San Diego, ville californienne sans aucun match au programme, attire pourtant deux équipes bien décidées à en faire leur quartier général. La Suisse et la Nouvelle-Zélande ont officialisé leur installation dans cette ville du Pacifique, et leurs choix révèlent une vraie philosophie de préparation.
San Diego sans match, mais pas sans football
La Californie accueille deux stades du Mondial : le SoFi Stadium de Los Angeles et le Levi’s Stadium de Santa Clara. San Diego, elle, n’organise aucune rencontre. Pourtant, sa position géographique entre Los Angeles et la frontière mexicaine, son climat stable et ses infrastructures sportives en font une option sérieuse pour les équipes qui veulent s’installer loin du bruit des villes hôtes.
Deux sélections ont déjà tranché. La Suisse sera au Fairmont Grand Del Mar, un resort cinq étoiles classé parmi les hébergements officiels de la FIFA, avec accès à un spa, des espaces de réunion privés et plusieurs restaurants. Pour l’entraînement, le staff de Murat Yakin a retenu le terrain en gazon naturel de la San Diego Jewish Academy à La Jolla, équipé d’une salle de musculation et de six courts de tennis.
Yakin a justifié ce choix sans détour : « Nous voulions un endroit où nous recharger, nous entraîner au plus haut niveau et rester concentrés. San Diego offre exactement cet environnement. » Pas de discours sur l’atmosphère ou la magie du lieu — juste une question de conditions de travail.
La Nouvelle-Zélande mise sur le Torero Stadium
La sélection néo-zélandaise a opté pour le Torero Stadium de l’Université de San Diego, ancienne enceinte du San Diego Loyal en USL Championship. L’hébergement prévu est le Hyatt Regency La Jolla at Aventine, à moins de vingt minutes du terrain.
Darren Bazeley, sélectionneur des All Whites, n’a pas caché sa satisfaction : « San Diego réunit tout ce que nous cherchions, du terrain d’entraînement à l’hôtel. Nous espérons que les 1,4 million d’habitants de la ville nous adopteront comme leur deuxième équipe. » Une déclaration qui dit beaucoup sur la stratégie de communication des petites nations lors d’un tournoi où se faire connaître compte autant que les résultats sportifs.
La Nouvelle-Zélande débutera sa Coupe du monde le 16 juin à Los Angeles face à l’Iran, avant deux matchs à Vancouver contre l’Égypte (22 juin) et la Belgique (27 juin). Un groupe relevé pour une équipe qui dispute sa deuxième phase finale après 2010.
Un calendrier serré pour la Suisse
La Suisse entrera en lice le 13 juin à Santa Clara contre le Qatar, hôte qualifié d’office. Le 18 juin, elle retrouvera Los Angeles pour affronter l’un des vainqueurs des barrages intercontinentaux — Italie, Irlande du Nord, Pays de Galles ou Bosnie-Herzégovine figurent parmi les candidats. Le 24 juin, c’est Vancouver qui accueillera le dernier match de poules contre le Canada.
Un match amical est prévu avant le tournoi, sans date précisée à ce stade. La Nati reste sur un quart de finale au Qatar en 2022, éliminée par le Portugal. Cette fois, le groupe B s’annonce plus accessible sur le papier, même si le Canada, pays hôte, jouera devant son public.
San Diego dans la galaxie des camps de base californiens
La Californie concentre plusieurs sélections. Le Qatar et l’Autriche s’installent à Santa Barbara — respectivement au Courtyard Marriott et au Ritz-Carlton Bacara. L’Australie sera dans la région d’Oakland, au Soul Training Facility des Oakland Roots. La FIFA publie au fur et à mesure les camps de base officiels des 48 équipes qualifiées.
Hors Californie, les choix sont tout aussi révélateurs. L’Espagne s’installe à Chattanooga dans le Tennessee. L’Argentine et l’Angleterre partagent Kansas City comme base. La France prépare son tournoi à Boston, le Brésil dans le New Jersey.
San Diego ne sera pas au centre de la carte du Mondial, mais elle accueillera des sélections qui ont pesé leurs options. Pour la Suisse comme pour la Nouvelle-Zélande, le choix d’une ville sans pression de match peut s’avérer un avantage discret — moins de sollicitations extérieures, plus de contrôle sur la préparation. C’est un pari que d’autres équipes ont fait avant elles, avec des fortunes diverses.
