La fédération portugaise de football préparerait déjà l’après-Roberto Martinez. Selon ESPN, José Mourinho, actuel entraîneur de Benfica, serait le grand favori pour succéder au sélectionneur espagnol à l’issue du Mondial nord-américain. Une perspective qui redessinerait le paysage du football lusitanien, tant au niveau de la sélection que du championnat national.
Un plan de succession déjà en marche à Lisbonne
Le contrat de Roberto Martinez avec la Fédération portugaise de football (FPF) expire à la fin de la Coupe du monde 2026. Et visiblement, les dirigeants n’ont pas l’intention d’attendre la dernière minute pour anticiper la transition. D’après les informations d’ESPN, la FPF envisagerait de proposer le poste à José Mourinho dès la fin du tournoi organisé aux États-Unis, au Canada et au Mexique.
Le « Special One », revenu à Benfica en septembre dernier pour un contrat de deux ans, pourrait donc quitter le club lisboète plus tôt que prévu. Et si ce scénario se concrétise, un autre nom circule déjà pour lui succéder sur le banc des Águias : Rúben Amorim, récemment limogé de Manchester United. L’ancien milieu de terrain, qui a porté le maillot de Benfica pendant neuf ans comme joueur, reste une figure respectée au Portugal après ses succès au Sporting CP.
Un rêve assumé depuis plus d’un an
L’intérêt de Mourinho pour le poste de sélectionneur n’a rien d’un secret. En janvier 2025, alors qu’il dirigeait encore Fenerbahçe en Turquie, il avait clairement affiché ses ambitions internationales. « Je veux disputer un Euro ou une Coupe du monde et unir un pays autour d’une équipe, comme je l’ai déjà fait à plusieurs reprises avec mes clubs », confiait-il au Corriere Dello Sport.
Quelques mois plus tard, en août, face aux rumeurs l’envoyant au Brésil, il avait précisé sa pensée auprès de Sporty Net : « Mon destin, en sélection, c’est de disputer une Coupe du monde avec le Portugal. Ma première expérience doit être avec mon pays. » Le message ne pouvait pas être plus clair. À 63 ans, Mourinho semble avoir identifié la mission qui donnerait un sens nouveau à sa carrière.
Un bilan contrasté avec Benfica
Le retour de Mourinho à Benfica n’a pas été un long fleuve tranquille. Le club a été éliminé des deux coupes nationales et accuse sept points de retard sur le FC Porto, leader de la Liga Portugal. Cette série de résultats décevants a même provoqué une confrontation tendue avec des supporters au centre d’entraînement. Le quotidien d’un coach qui polarise, comme il l’a toujours fait.
La Ligue des champions a offert un tout autre visage. Mourinho a orchestré une qualification spectaculaire pour les barrages de la phase à élimination directe. Comment ? En battant son ancien club, le Real Madrid, 4-2 lors de la dernière journée de la phase de ligue. Un match ponctué par le but surréaliste du gardien Anatoliy Trubin dans la huitième minute du temps additionnel. Le genre de soirée européenne qui rappelle pourquoi Mourinho reste un personnage à part dans le football mondial.
Le Real Madrid, un fantôme qui ne s’éloigne jamais
Parallèlement aux rumeurs portugaises, le nom de Mourinho continue de résonner du côté de Madrid. Álvaro Arbeloa dirige actuellement l’équipe première, et certaines sources affirment que Florentino Pérez rêverait de faire revenir le technicien lusitanien. La réponse de l’intéressé, livrée à Sport TV le mois dernier, a le mérite de la franchise : « Ne comptez pas sur moi pour les feuilletons. Il y en a de bons, mais ils sont très longs. On rate un ou deux épisodes et on perd le fil. Ne comptez pas sur moi, je ne regarde pas les feuilletons. »
L’ironie du calendrier veut que Benfica et le Real Madrid se retrouvent dès les barrages de la Ligue des champions, avec un match aller prévu à Lisbonne le 17 février. Avant cela, Mourinho et ses joueurs doivent se déplacer à Santa Clara en championnat vendredi.
Un tournant pour le football portugais
Si ce scénario se confirme, l’été 2026 pourrait marquer un véritable bouleversement au Portugal. Mourinho à la tête de la sélection, Amorim potentiellement de retour à Benfica : le jeu de chaises musicales s’annonce fascinant. Reste une question essentielle : Mourinho, habitué à construire dans la durée avec des effectifs qu’il façonne au quotidien, saura-t-il s’adapter au rythme si particulier du football international ? Sa carrière entière semble l’avoir préparé à relever ce défi.
