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Trump vs FIFA : pourquoi l’Iran ne jouera finalement pas la Coupe du monde 2026 aux États-Unis

Trump vs FIFA : pourquoi l'Iran ne jouera finalement pas la Coupe du monde 2026 aux États-Unis

Donald Trump a rompu le silence sur le cas iranien ce jeudi, affirmant sur Truth Social que la sélection iranienne est certes « la bienvenue » au Mondial 2026, mais qu’il ne croit pas « approprié » qu’elle y participe « pour sa propre sécurité ». Une déclaration qui tombe au pire moment pour la FIFA, à moins de trois mois du coup d’envoi. Le ministre iranien des Sports a déjà dit que son pays n’est pas en mesure de se rendre aux États-Unis. La question n’est plus vraiment de savoir si l’Iran jouera, mais ce qui se passera s’il ne joue pas.

Un contexte de guerre qui rend tout impossible

Depuis que les États-Unis et Israël ont frappé l’Iran et tué le guide suprême Ali Khamenei, la participation de la sélection iranienne au Mondial organisé sur le sol américain n’a plus grand chose d’évident. Ahmad Donyamali, le ministre iranien des Sports et de la Jeunesse, a été très direct mardi sur la chaîne IRIB Sports : « Ce gouvernement corrompu a assassiné notre leader. Dans ces conditions, nous n’avons absolument pas les conditions pour participer à la Coupe du monde. Nos joueurs ne sont pas en sécurité. »

Ce n’est pas un communiqué diplomatique poli. C’est un refus net, formulé dans un contexte de conflit ouvert. L’Iran a répondu aux frappes en tirant des missiles et drones vers Israël et quatre pays du Golfe hébergeant des bases militaires américaines — Bahreïn, Koweït, Qatar et Émirats arabes unis. Dans ce climat, envoyer des joueurs à Los Angeles relève moins de la décision sportive que du fait politique.

Trump, Infantino et une séquence diplomatique bizarre

Le timing des déclarations est lui aussi parlant. Gianni Infantino, président de la FIFA, avait affirmé en début de semaine que Trump lui aurait dit que l’Iran était « bienvenu pour concourir ». Puis Trump a posté le contraire sur Truth Social : bienvenu, oui, mais il ne croit pas que ce soit approprié pour leur sécurité.

Ces deux positions ne sont pas strictement contradictoires — on peut à la fois laisser la porte ouverte et penser qu’il vaut mieux ne pas entrer. Reste que la communication autour de ce dossier ressemble à une série de signaux brouillés envoyés par des interlocuteurs qui, manifestement, ne se sont pas vraiment coordonnés.

Trump avait par ailleurs reçu le Prix de la paix de la FIFA en décembre 2025. Ce prix, dans ces circonstances, a quelque chose d’assez absurde.

Le calendrier iranien au Mondial, suspendu dans le vide

Sur le papier, l’Iran doit disputer trois matchs de poules. Le 15 juin face à la Nouvelle-Zélande à Los Angeles, le 21 juin contre la Belgique dans la même ville, puis le 26 juin face à l’Égypte à Seattle. Des dates, des stades, des adversaires — tout est planifié. Sauf les joueurs.

Si l’Iran se retire officiellement, le règlement FIFA laisse à l’instance le soin de désigner un remplaçant. La FIFA dispose d’une marge de manœuvre sur ce point, mais aucun nom n’a encore été avancé publiquement. Les équipes éliminées en barrages restent les candidates les plus probables, sans que la fédération l’ait confirmé.

Ce que ça change pour la compétition

L’Iran n’est pas favori du groupe D. La Belgique reste la sélection la plus attendue, et l’Égypte avec Mohamed Salah peut clairement viser la qualification. Sportivement, l’absence iranienne ne bouleverse pas l’équilibre du groupe — mais elle crée un précédent difficile à gérer pour une FIFA qui a déjà eu beaucoup de mal à naviguer entre géopolitique et football ces dernières années.

Ce Mondial 2026 se joue aux États-Unis, en pleine période de tensions militaires impliquant directement le pays hôte. L’Équipe et d’autres médias sportifs européens suivent ce dossier de près, conscients que d’autres sélections pourraient théoriquement se retrouver dans des situations similaires si le contexte géopolitique continue d’évoluer d’ici juin. Pour les supporters français qui suivront le Mondial en décalé depuis l’Europe — les matchs du soir américain tombant entre 21h et 3h du matin heure de Paris — l’issue de ce dossier iranien reste à surveiller avant même le coup d’envoi du 11 juin.