À 70 jours du coup d’envoi du Mondial, Carlo Ancelotti aurait déjà bouclé l’essentiel de sa liste des 26. Neymar n’en fait pas partie. Selon ESPN, 24 places sont déjà attribuées et le numéro 10 du Santos FC n’est pas parmi les certitudes. Le sélectionneur annoncera sa sélection définitive le 18 mai prochain.
Un retour impossible à justifier
La dernière apparition de Neymar en sélection brésilienne remonte au 17 octobre 2023, lors d’un match de qualification contre l’Uruguay. Ce soir-là, il quitte le terrain sur blessure au genou. Depuis, rien. Pas une seule minute sous le maillot Canarinha en près de deux ans et demi.
Son retour au Santos FC en janvier 2025 avait alimenté les espoirs. La réalité est plus sèche : cinq matchs disputés cette saison. Ancelotti et la Confédération brésilienne de football (CBF) ont répété la même chose depuis des mois — pour être convoqué, il faut être à 100 %. Neymar ne l’est pas, et le calendrier ne lui laisse plus le temps de le prouver.
Paquetá, Endrick, Igor Thiago : trois pour deux places
La liste d’Ancelotti serait quasiment bouclée à deux exceptions près. Trois joueurs se disputent deux places restantes : Lucas Paquetá, Endrick et Igor Thiago. C’est là que se joue l’essentiel du suspense, pas dans la question Neymar.
Le sélectionneur italien a construit une sélection autour d’un collectif resserré, sans joueur-franchise. Vinicius Jr. et Rodrygo sont là, mais le projet n’est pas bâti sur un seul nom. Ce changement d’approche est lisible dans les compositions alignées ces derniers mois : le Brésil au Mondial 2026 ne sera pas l’équipe de quelqu’un.
Le soutien des coéquipiers ne change pas les calculs
Vinicius Jr. et Rodrygo ont tous deux plaidé publiquement pour l’inclusion de Neymar. Romário, Ronaldo Nazário, Cafú et José Mourinho ont également pris position en sa faveur. Ce concert de soutiens dit quelque chose sur la stature de l’homme, pas sur son état physique.
Ancelotti n’est pas sentimental. Sa gestion du groupe au Real Madrid l’a montré : il fait confiance aux données du terrain, pas aux carrières passées. À 34 ans, avec cinq matchs dans les jambes depuis janvier, Neymar ne peut pas prétendre à une place dans un groupe de 26 qui partira disputer trois matchs de poule minimum, potentiellement jusqu’à sept.
Ce que ça dit du Brésil version Ancelotti
Le Brésil a remporté cinq Coupes du monde, dont trois avec des numéros 10 devenus des mythes — Pelé, Zico dans un sens, Ronaldo dans un autre. La tentation de tout construire autour d’un talent individuel est inscrite dans l’ADN de la Seleção. Ancelotti y résiste.
Son Brésil s’appuie sur une ossature de joueurs en forme, présents dans leurs clubs, disponibles physiquement. C’est une logique d’entraîneur européen, pragmatique, parfois difficile à accepter pour un public brésilien habitué à voir le numéro 10 au centre de tout. Mais c’est cohérent avec ce qu’il a dit depuis son arrivée.
La question n’est plus vraiment « Neymar sera-t-il là ? » Elle est devenue : le Brésil peut-il gagner ce Mondial sans lui ? Ancelotti semble convaincu que oui. La réponse sera connue entre le 11 juin et le 19 juillet 2026, dans les stades américains, mexicains et canadiens.
La liste officielle, elle, sera publiée par la CBF le 18 mai. D’ici là, le dossier Paquetá mérite aussi attention : son avenir en sélection dépend en partie d’une procédure disciplinaire ouverte par la FIFA pour des soupçons de manipulation de matchs — un sujet qu’Ancelotti devra trancher, lui aussi.
