Les supporters qui ont acheté des billets pour la Coupe du monde 2026 découvrent qu’ils ont été induits en erreur sur l’emplacement de leurs places. Selon une enquête publiée par The Athletic début avril, la FIFA aurait réservé une large partie des meilleures zones de chaque catégorie à des packages VIP et aux groupes de supporters nationaux, sans en informer les acheteurs. Ce n’est que la dernière d’une série de controverses qui empoisonnent la billetterie depuis septembre 2025.
Des plans de stades qui ne disaient pas tout
Le système de billetterie de la FIFA fonctionne par catégories, pas par siège. Le principe : on s’inscrit pour une catégorie de places, à un tarif donné, et l’attribution précise du siège n’intervient qu’en fin de processus. Jusqu’ici, c’est la norme pour une Coupe du monde.
Le problème, c’est que les plans diffusés lors des premières vagues laissaient croire à une répartition équitable à l’intérieur de chaque catégorie. Des milliers de fans ont candidaté sur cette base. La FIFA avait pourtant déjà bloqué de larges portions des emplacements les plus prisés pour des VIP et les supporters de certaines équipes nationales, sans l’indiquer clairement.
Dans sa réponse à The Athletic, la FIFA affirme que ces plans étaient des « indications générales », pas des délimitations précises — sans expliquer pourquoi les zones VIP n’ont pas été signalées d’emblée.
La tarification variable : une promesse qui se retourne contre les fans
Dès le lancement des ventes en septembre 2025, la FIFA a annoncé une tarification variable — comprendre : les prix bougent selon la demande. Dans les faits, ils n’ont quasiment fait qu’augmenter à chaque nouvelle vague de mise en vente.
En théorie, les matchs peu demandés pourraient voir leurs prix baisser. En pratique, ces baisses arrivent trop tard pour organiser un voyage. À la Coupe du monde des clubs 2025, les tarifs pour la finale entre Chelsea et le PSG au MetLife Stadium ont chuté dans les derniers jours — bien trop tard pour quiconque venant d’Europe.
69 parlementaires démocrates américains et plusieurs associations européennes de supporters ont déposé des plaintes formelles auprès de la FIFA, dénonçant des pratiques de « price gouging » et d' »abus de position dominante ». La FIFA répond qu’il s’agit de tarification variable (fixée par des humains) et non dynamique (pilotée par algorithme), comme si la distinction suffisait à calmer les esprits.
30 % de commission sur la revente : la mauvaise surprise
Au moment de lancer les ventes, la FIFA avait mis en avant une plateforme officielle de revente permettant aux acheteurs de récupérer leur investissement en cas d’empêchement. Contrairement aux éditions précédentes, la revente au prix de son choix était autorisée. Un argument de vente clair.
Quand la plateforme a ouvert début avril, les fans ont découvert une commission de 30 % prélevée par la FIFA sur chaque transaction. Pour rentrer dans ses frais, un acheteur doit donc revendre son billet 30 % au-dessus de son prix d’achat. Cette information n’avait pas été communiquée au moment de la mise en vente initiale.
Des bugs à répétition sur la plateforme
La billetterie en ligne a aussi connu plusieurs défaillances techniques. Le problème le plus récent, survenu en avril : des dizaines de milliers de supporters sont restés bloqués dans des files d’attente virtuelles pendant des heures, avant d’être redirigés vers un portail « PMA » réservé aux fans des nations issues des barrages intercontinentaux. Beaucoup ont perdu leur place dans la file et n’ont pas pu acheter de billets.
Dès l’ouverture des premières préinscriptions en septembre 2025, des problèmes similaires avaient déjà été signalés, notamment parce que la FIFA n’avait pas clairement indiqué que l’inscription pouvait se faire sur plusieurs jours avec les mêmes chances de sélection.
Ce que ça change pour les supporters français
Pour un fan français, les enjeux sont concrets. Les billets de catégorie 2 pour un match de poule des grandes nations dépassent souvent 200 euros sur la plateforme officielle FIFA, hors frais de déplacement et d’hébergement aux États-Unis, au Canada ou au Mexique. La commission de 30 % sur la revente rend le marché secondaire officiel peu attractif. Et les alternatives — plateformes non officielles — restent risquées.
La prochaine phase de vente est attendue avant le début du tournoi, prévu le 11 juin 2026. La FIFA n’a pas annoncé de modification de ses conditions tarifaires ni de sa politique de commission.

