Douze ans sans Coupe du monde pour l’Italie. Jeudi soir à Bergame, la Nazionale a battu l’Irlande du Nord 2-0 et s’offre un dernier obstacle : la Bosnie, mardi. Pendant ce temps, le Kosovo a renversé la Slovaquie 4-3 à Bratislava dans un match dingue pour s’adjuger une place en finale de barrage face à la Turquie. Quatre billets européens pour le Mondial 2026 sont encore à distribuer.
L’Italie fait le boulot sans briller
Au Gewiss Stadium de Bergame, la Nazionale n’a pas mis le feu, mais elle a fait ce qu’on attendait d’elle. Sandro Tonali a ouvert le score à la 56e minute, Moise Kean a doublé la mise à la 80e. Victoire 2-0, sans trembler, sans séance de tirs au but.
Ce résultat prend une autre dimension quand on rappelle le contexte. L’Italie n’a pas participé au Mondial en 2018, éliminée en barrage par la Suède. En 2022, rebelote : sortie par la Macédoine du Nord au dernier tour. Quatre fois championne du monde (1934, 1938, 1982, 2006), la Nazionale n’a plus foulé une pelouse de Coupe du monde depuis le Brésil en 2014. Pour une nation de ce calibre, c’est une anomalie que le football européen ne s’explique toujours pas vraiment.
Mardi, rendez-vous en Bosnie. Les Balkans ont sorti le Pays de Galles aux tirs au but (1-1, 4-2 aux t.a.b.) à Cardiff dans leur demi-finale. Daniel James avait ouvert le score à la 51e, Edin Dzeko a égalisé à la 86e pour forcer la prolongation puis les penalties. Le capitaine bosnien a sauvé son équipe dans les derniers instants du temps réglementaire — une image qui résume bien ce que le football des barrages peut produire comme intensité.
Le Kosovo renverse Bratislava dans le chaos
L’autre match de la soirée s’est joué à Bratislava, et il valait le déplacement. Le Kosovo menait 1-0, puis s’est retrouvé mené 2-1 à la mi-temps par la Slovaquie. Scénario catastrophe en vue pour une nation qui dispute ses premiers barrages de Mondial.
La deuxième mi-temps a tout changé. Fisnik Asllani égalise de la tête à la 47e (2-2), Florent Muslija enchaîne sur coup franc direct à la 60e (3-2), Kreshnik Hajrizi assomme les Slovaques d’une frappe surpuissante à la 72e (4-2). Strelec réduit l’écart en toute fin de match (4-3, 90e+4), mais c’est trop tard. Le Kosovo file en finale.
Ce sera face à la Turquie, qui a écarté la Roumanie 1-0 plus tôt dans la soirée. Ferdi Kadioglu a inscrit le seul but du match à la 53e, sur un service d’Arda Güler, le milieu du Real Madrid qui confirme match après match son influence sur le jeu turc. La Turquie n’a plus participé à une Coupe du monde depuis 2002, où elle avait terminé à la troisième place — son meilleur résultat historique dans la compétition.
Quatre billets, quatre finales mardi
L’Europe dispute mardi quatre finales de barrage pour quatre places au Mondial 2026 (11 juin – 19 juillet aux États-Unis, Mexique et Canada). Le tableau est désormais fixé :
Bosnie – Italie, Kosovo – Turquie, Suède – Pologne, République tchèque – Danemark. Chaque vainqueur sera qualifié. Chaque perdant attendra encore — certains quatre ans, d’autres peut-être davantage.
Pour les supporters français, le sort de l’Italie n’est pas anodin. Une Nazionale absente du Mondial pour la troisième fois consécutive serait un choc pour le football européen. La fédération italienne a réformé son staff et son vivier depuis 2022 ; les résultats récents plaident pour un retour au premier plan. Mardi en Bosnie, l’addition sera salée si les Bleus perdent le fil.
Et le Kosovo ? Une qualification pour son premier Mondial serait une date dans l’histoire du football. Le pays a obtenu son adhésion à l’UEFA en 2016 seulement. Dix ans plus tard, une Coupe du monde — ça va vite, parfois.
