À 99 jours du premier match de la Roja contre le Cap-Vert, les données de la plateforme Betfair sont sans appel : l’Espagne concentre près d’un pari sur cinq placés sur le futur champion du monde. Une domination nette, dans un tournoi qui s’annonce plus ouvert qu’en 2010 — la dernière fois que l’Espagne est arrivée avec le même statut de favorite absolue.
19,66 % : ce que dit vraiment ce chiffre
Betfair a suivi les mouvements de paris sur le futur vainqueur du Mondial dans tous les pays où la plateforme opère. Résultat : 19,66 % des mises désignent l’Espagne comme future championne du monde. L’Angleterre arrive deuxième à 12,34 %, suivie par la France (10,95 %) et le Brésil (10,7 %). L’Allemagne complète ce groupe de tête avec 7,79 %.
Ce qui frappe dans ces données, c’est l’écart entre l’Espagne et son dauphin. Près de 7,5 points séparent la Roja des Three Lions — une nation pourtant réputée pour l’intensité de ses parieurs, qui misent massivement sur leur propre équipe. Même en tenant compte de ce biais domestique, les cotes Betfair placent l’Espagne très au-dessus du lot.
Comme en 2010, mais pas tout à fait
La comparaison historique que propose Betfair mérite attention. Le 1er mars 2010, la sélection de Vicente Del Bosque était elle aussi la grande favorite, avec une probabilité implicite de victoire de 20 % selon les cotes. Seize ans plus tard, l’équipe de Luis de la Fuente part avec 18,18 % — quasiment au même niveau.
Quatre des cinq équipes du top 5 de l’époque sont toujours présentes : Espagne, Brésil, Angleterre et Argentine. La Hollande, finaliste en 2010, a cédé sa place à la France. Ce détail dit quelque chose sur l’évolution du football européen depuis cette décennie.
Un tournoi plus disputé qu’il y a seize ans
Les chiffres montrent quand même une différence de fond. En 2010, les cinq premières nations cumulaient 75,89 % des probabilités implicites de victoire. En 2026, ce même groupe de tête ne représente plus que 68,02 %. Portugal et Allemagne se positionnent juste derrière, à des niveaux qui auraient suffi à les placer dans le top 5 en 2010.
Ce tassement vers le bas du classement n’est pas anodin. Il traduit une compétition élargie — 48 équipes pour la première fois de l’histoire — et un niveau général qui rend les écarts moins prévisibles qu’avant.
L’ombre de Carvajal et Morata
Ces probabilités flatteuses arrivent avec une question en suspens : Luis de la Fuente devra trancher sur le cas Carvajal, en convalescence après une grave blessure au genou, et sur celui de Morata. Les deux joueurs ont une place symbolique dans le groupe, mais leur présence physique au Mondial reste incertaine à ce stade.
La réponse du sélectionneur conditionnera en partie la composition d’une équipe qui, sur le papier avec Yamal, Nico Williams et Pedri, dispose d’une des animations offensives les plus tranchantes du tournoi. Les parieurs, eux, ont déjà tranché.
