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Coupe du monde 2026 : Panini s’apprête à battre tous les records avec un album titanesque

Coupe du monde 2026 : Panini s'apprête à battre tous les records avec un album titanesque

Jamais une collection de vignettes n’aura été aussi monumentale. Avec 48 sélections au lieu de 32, l’album Panini de la Coupe du monde 2026 promet de faire trembler le portefeuille des collectionneurs tout en ravivant la flamme des échanges dans les cours de récréation. Décryptage d’une machine économique qui pourrait générer plus de 250 millions d’euros de revenus à l’échelle mondiale.

Un album historique pour un Mondial sans précédent

L’équation est simple, presque vertigineuse. 48 équipes participantes signifient davantage de joueurs à collectionner, davantage de pages à remplir, et surtout davantage de pochettes à acheter. Pour cette édition organisée conjointement aux États-Unis, au Canada et au Mexique, Panini a conçu ce qui sera sans conteste le plus volumineux album de son histoire : 980 vignettes attendent les passionnés.

Vous vous souvenez du premier album réalisé pour la Coupe du monde Mexique 1970 ? Cinquante-cinq ans plus tard, la maison de Modène perpétue une tradition qui a traversé les générations. Des cours d’école aux bureaux, des terrasses de café aux salons familiaux, le rituel du troc n’a jamais vraiment disparu.

« À l’instar de la Coupe du Monde, l’album de vignettes Panini est une des traditions les plus emblématiques et les plus anciennes de la culture footballistique mondiale », rappelle Romy Gai, directeur des Affaires commerciales de la FIFA.

Le prix de la passion : combien pour compléter l’album ?

C’est la question qui brûle toutes les lèvres. Si l’on se base sur les tarifs pratiqués lors des dernières éditions et sur le nombre inédit de vignettes, l’addition pourrait s’avérer salée. En France, le prix d’une pochette oscille généralement autour de 1 euro pour 5 ou 6 stickers. Faites le calcul : pour 980 vignettes sans aucun doublon – hypothèse purement théorique, convenons-en – il faudrait débourser environ 165 à 200 euros.

Mais qui a déjà complété un album Panini sans croiser trois fois le même défenseur péruvien ou cette vignette écusson qui refuse obstinément de tomber ? Des mathématiciens de l’Université de Genève avaient calculé qu’en 2014, il fallait acquérir en moyenne 4 505 vignettes pour espérer boucler l’album. Ramené à 2026, avec près de 50 % de contenu supplémentaire, le budget réel pourrait flirter avec les 700 à 900 euros pour les plus malchanceux.

Heureusement, les plateformes d’échange comme Last Sticker ou les groupes Facebook dédiés permettent de limiter les dégâts. Le troc reste l’essence même de cette collection.

Des innovations qui changent la donne

Si la nostalgie reste le carburant principal de Panini, l’éditeur italien n’a pas négligé l’innovation. Pour cette édition 2026, plusieurs nouveautés vont pimenter l’expérience des collectionneurs.

Le sticker extra, qui avait fait sensation lors de Qatar 2022, fait son grand retour. Le principe ? Vingt joueurs emblématiques bénéficient de vignettes spéciales déclinées en trois versions : bronze, argent et or. Ces autocollants ne se collent pas dans l’album mais constituent une collection parallèle, véritable Graal pour les puristes.

Autre première mondiale : des couvertures régionalisées. Panini America a déjà dévoilé une édition spéciale pour le Canada et les États-Unis, arborant fièrement l’emblème du tournoi et le célèbre retourné acrobatique inspiré de Carlo Parola, devenu logo officiel de la marque en 1965. Une version mexicaine suivra.

Les éditions de luxe, avec estuches et coffrets premium, feront également leur apparition dans plusieurs marchés. De quoi satisfaire les collectionneurs les plus exigeants.

Un empire économique qui double son chiffre d’affaires les années de Mondial

Ne vous y trompez pas : derrière l’innocente pochette de vignettes se cache une machine industrielle redoutable. Lors de la Coupe du monde 2018 en Russie, Panini avait atteint le cap symbolique du milliard d’euros de chiffre d’affaires – pratiquement le double de l’année précédente. Le phénomène se répète à chaque édition majeure.

Le groupe, fondé en 1961 par les frères Panini, est aujourd’hui présent dans plus de 120 pays avec une dizaine de filiales et emploie plus d’un millier de salariés répartis entre ses usines en Italie, au Brésil et aux États-Unis. Chaque année, ce sont près de cinq milliards de vignettes qui sortent des rotatives.

En France, le football représente 70 % du chiffre d’affaires de la marque. Lors du Mondial 2010, plus de 150 millions de vignettes avaient été écoulées dans l’Hexagone – soit 30 millions de pochettes. Les prévisions pour 2026, avec l’effet amplificateur des 48 équipes, laissent entrevoir des volumes inédits.

Calendrier : quand pourra-t-on se procurer l’album en France ?

Les collectionneurs les plus impatients devront patienter quelques mois. La prévente débutera le 1er mars 2026 dans toute l’Amérique latine – marché historique qui représente plus de 60 % du poids économique d’un Mondial pour Panini. La commercialisation officielle est prévue pour la première semaine de mai, soit un peu plus d’un mois avant le coup d’envoi du tournoi le 11 juin.

En France, les albums seront disponibles chez les buralistes, dans les supermarchés et sur le site officiel panini.fr. Mieux vaut anticiper : lors des précédentes éditions, les ruptures de stock se multipliaient dès les premières victoires des Bleus.

La finale se jouera le 19 juillet au MetLife Stadium de New York – New Jersey. D’ici là, combien de dizaines de milliers de Français auront-ils chassé la vignette manquante de Kylian Mbappé ou de Lionel Messi ?

Panini contre Topps : une guerre des licences en toile de fond

L’empire Panini n’est pas invincible. L’Euro 2024 en Allemagne a marqué un tournant : pour la première fois depuis des décennies, c’est l’américain Topps qui a raflé les droits de la compétition européenne, et ce jusqu’en 2028. Une perte sèche pour l’éditeur italien.

« Ils ont tout simplement proposé plus cher que nous », avait reconnu Virginie Peres, responsable marketing de Panini France. Une franchise rare dans ce milieu.

Mais la maison de Modène a conservé l’essentiel : la Coupe du monde. Le partenariat avec la FIFA a été renouvelé jusqu’en 2030, incluant également la Coupe du monde féminine 2027. Un socle solide pour affronter l’avenir, d’autant que les collections traditionnelles vont intégrer des innovations numériques pour séduire les nouvelles générations. La plateforme FIFA Collect propose déjà des versions dématérialisées des couvertures historiques depuis 1970.

Et vous, allez-vous craquer ?

Soyons honnêtes : rares sont ceux qui terminent réellement leur album. Les statistiques sont impitoyables, la loi des probabilités aussi. Pourtant, des millions de personnes se lanceront dans l’aventure dès le printemps prochain. Pourquoi ?

Peut-être parce que l’album Panini dépasse le simple objet de collection. C’est un prétexte au lien social, un support de conversation, un vecteur de souvenirs partagés. C’est cette pochette ouverte fébrilement devant le kiosque, ce « t’as pas Griezmann ? » lancé à la récré, cette excitation quand tombe enfin la vignette tant convoitée.

Le Mondial 2026 s’annonce comme le plus grand de l’histoire. Son album Panini aussi. Reste à savoir si votre portefeuille suivra le rythme.