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Infantino défend Trump et le prix FIFA : boycott du Mondial 2026 en vue ?

Infantino défend Trump et le prix FIFA : boycott du Mondial 2026 en vue ?

Le président de la FIFA Gianni Infantino persiste et signe. Interrogé sur la polémique entourant le Prix de la Paix FIFA décerné à Donald Trump en décembre dernier, le dirigeant suisse maintient que le président américain « le mérite objectivement ». Une prise de position qui intervient alors que les voix réclamant un boycott de la Coupe du Monde 2026 se multiplient, à quelques mois seulement du coup d’envoi du tournoi organisé aux États-Unis, au Mexique et au Canada.

Un prix de la paix qui fait grincer des dents

Décembre 2024. Lors du tirage au sort de la Coupe du Monde 2026, la FIFA crée la surprise en remettant son tout premier Prix de la Paix à Donald Trump. Gianni Infantino justifie alors cette distinction par la volonté du président américain de « faire la paix et prospérer le monde », en phase avec les valeurs de « paix, unité et solidarité » promues par l’instance mondiale du football.

La réaction ne se fait pas attendre. L’attribution de ce prix suscite une vague d’indignation à travers le monde. Les critiques s’amplifient davantage avec les récentes ambitions de Trump concernant le Groenland, territoire autonome danois, et le durcissement de sa politique migratoire sur le sol américain. Pourtant, face à la journaliste Yalda Hakim de Sky News, Infantino ne recule pas d’un pouce.

Le dirigeant FIFA s’appuie sur le soutien de Maria Corina Machado, opposante vénézuélienne lauréate du prix Nobel de la paix, pour légitimer sa décision. « Ce n’est pas seulement Gianni Infantino qui le dit », insiste-t-il, soulignant le rôle déterminant de Trump dans la résolution de conflits et le sauvetage de milliers de vies. Une argumentation qui peine à convaincre une partie de la communauté internationale.

Le spectre d’un boycott plane sur le Mondial américain

La tension monte à l’approche du tournoi prévu cet été. Les appels à boycotter la compétition gagnent du terrain, portés par des voix influentes du football européen. Marina Ferrari, ministre française des Sports, confie qu’il n’existe « aucune volonté » actuelle de boycott de la part de son ministère. Elle reconnaît néanmoins ne pas pouvoir « anticiper ce qui pourrait se passer » dans les mois à venir.

Du côté allemand, le ton se fait plus ferme. Oke Göttlich, vice-président de la Fédération allemande de football, estime que « nous devons avoir cette discussion » sur un éventuel boycott face à la « menace potentielle » que représente la situation politique américaine. Une position qui témoigne des inquiétudes croissantes au sein des fédérations européennes.

Infantino balaie ces préoccupations d’un revers de main. Sa vision ? Dans un monde divisé et agressif, le football doit créer des occasions de rassemblement autour d’une passion commune. Une philosophie partagée par Mauricio Pochettino, sélectionneur de l’équipe américaine, qui enjoint ses joueurs à se concentrer uniquement sur le football et à laisser la politique de côté.

Russie et Israël : des dossiers explosifs sur la table

Le président de la FIFA ne s’arrête pas là. Il plaide ouvertement pour une levée des sanctions imposées à la Russie depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022. « Nous devons le faire. Absolument », affirme-t-il sans détour. Selon lui, l’interdiction n’a rien accompli, créant simplement « plus de frustration et de haine ». Infantino propose de réintégrer les jeunes footballeurs russes dans les compétitions européennes, au moins au niveau des catégories de jeunes.

La question israélienne s’invite également dans le débat. Le dirigeant de 55 ans s’oppose fermement à toute interdiction d’Israël malgré le conflit avec la Palestine. Sa position de principe ? La FIFA ne devrait « jamais bannir un pays du football en raison des actes de ses dirigeants politiques ». Une doctrine qui tranche avec l’approche adoptée face à la Russie, soulevant des questions de cohérence.

Ces déclarations explosives alimentent un peu plus la polémique entourant l’instance mondiale et son président. À cinq mois du coup d’envoi de la Coupe du Monde 2026, le football se retrouve pris en étau entre sport et géopolitique. Les prises de position d’Infantino cristallisent les tensions, transformant l’événement sportif le plus attendu de l’année en véritable champ de bataille diplomatique. Reste à savoir si les 48 nations qualifiées répondront présent ou si certaines céderont à la tentation du boycott.